"Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s'est éteint tranquillement", a écrit sa famille dans le communiqué, transmis par Me Michel Godest.

Celui qu'on surnommait Bébel a tourné dans 80 films et laisse derrière lui des rôles inoubliables. De "Pierrot le fou" à "L'As des as", l'acteur au charisme exceptionnel a eu l'itinéraire d'un enfant gâté du cinéma, champion du box-office, durant 50 ans de carrière.

Sa mort tourne une page majeure du cinéma français, Belmondo partant après sa bande d'amis du conservatoire, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Crémer ou encore Claude Rich... Ces dernières années, il avait dû enterrer ses complices, de Guy Bedos au meilleur ami, Charles Gérard, avec lequel il ne cessait de partager fous rires et matchs à Roland-Garros.

Jean-Paul Belmondo, le Magnifique

Le président français s'est exprimé sur Twitter, peu après l'annonce de la mort de l'acteur. "Il restera à jamais Le Magnifique. Jean-Paul Belmondo était un trésor national, tout en panache et en éclats de rire, le verbe haut et le corps leste, héros sublime et figure familière, infatigable casse-cou et magicien des mots. En lui, nous nous retrouvions tous."

D'autres hommages n'ont pas tardé à pleuvoir sur les réseaux, notamment celui du présentateur Jean-Luc Reichmann, ou encore Anne Hidalgo, maire de Paris.

L'itinéraire d'un monstre sacré du cinéma

Sa carrière commencée sur les planches l'a mené en un demi-siècle aux sommets du box-office français, avec 130 millions de spectateurs cumulés au cinéma.

Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, le jeune Belmondo grandit dans une famille d'artistes. Son père est un sculpteur reconnu. Lui aime faire le pitre et rêve de théâtre. Il intègre le conservatoire dans les années 50 et se constitue une bande "à la vie, à la mort" avec ses copains Jean Rochefort, Claude Rich, Bruno Crémer et Jean-Pierre Marielle.

Après des petits rôles au théâtre et au cinéma, il fait la rencontre qui scelle son destin, en la personne de Jean-Luc Godard. "C'est lui qui m'a fait aimer le cinéma (...) Avant A bout de souffle, on m'avait tellement dit que je n'étais pas bon que je doutais", confiait en 2001 Jean-Paul Belmondo.

Ce premier rôle clef, en 1960, aux côtés de Jean Seberg, le propulse sur le devant de la scène. Lui au départ si réticent vis-à-vis du septième art devient vite une vedette. Et, avec Alain Delon, l'un des deux monstres sacrés du cinéma français.

Mélange de titi parisien à la Gabin -le héros de "Quai des Brumes" l'adoube d'ailleurs sur le tournage d'"Un singe en hiver": "Môme, t'es mes 20 ans!"-, de pitre à la Fernandel et de jeune premier à la Gérard Philipe... il enchaîne les succès.

Acteur emblématique de la Nouvelle Vague ("Moderato Cantabile", "Pierrot le fou"), il se tourne vite vers les comédies et les aventures rocambolesques où il enlace les plus belles actrices, de Catherine Deneuve à Sophia Loren en passant par Claudia Cardinale et Françoise Dorléac. Certaines deviennent ses compagnes à la ville, comme Ursula Andress et Laura Antonelli.

Cascades, coups de poing...

Passionné de boxe -gamin, il rêve d'égaler Marcel Cerdan-, il privilégie ensuite les rôles très "physiques" avec moult cascades, sans doublure, et coups de poing. C'est la période des superflics, des macho bagarreurs et des truands: "Borsalino", "Le Magnifique", "Flic ou voyou", "Le Professionnel" ou encore "L'As des as".

"On a fini par me coller une étiquette" de cascadeur alors que "moi, ce que j'ai eu envie de faire, dans ma carrière, c'est de naviguer entre Malle, Godard, Melville et des gens comme Verneuil, Deray, Lautner", confiait-t-il.

Pendant plus de vingt ans, 48 de ses films dépassent chacun le million d'entrées... Jusqu'au "Solitaire" en 1987, son premier gros échec commercial. "Le polar de trop. J'en avais marre et le public aussi". Il rebondit avec le personnage truculent de Sam Lion dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch (1988). L'un de ses plus grands rôles, avec à la clef le César du meilleur acteur. Trophée qu'il ne va pas chercher. Il revient à ses premières amours: il remonte sur les planches avec "Kean" et "Cyrano" et devient propriétaire du Théâtre des Variétés.

Les grandes dates de Jean-Paul Belmondo

  • 9 avril 1933: naît à Neuilly-sur-Seine
  • Octobre 1952: admis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique après deux échecs.
  • 17 janvier 1959: mariage avec la danseuse Elodie Constant avec qui il a trois enfants. Le couple divorce en 1965, un an après la rencontre de Belmondo avec Ursula Andress.
  • 16 mars 1960: sortie d'"A bout de Souffle", film de Jean-Luc Godard qui va révéler Jean-Paul Belmondo.
  • 1969-1982: joue à quatre reprises dans le film le plus vu de l'année en France: "Le Cerveau" (1969), "Peur sur la Ville" (1975), "L'Animal" (1977), "L'As des As" (1982).
  • Février à juin 1987: remonte sur scène avec "Kean" de Jean-Paul Sartre d'après Alexandre Dumas.
  • 1989: César du Meilleur acteur dans "Itinéraire d'un enfant gâté" (Claude Lelouch). Il refuse de se rendre à la cérémonie.
  • 8 août 2001: accident vasculaire cérébral.
  • 2011: le festival de Cannes lui remet une Palme d'Or pour l'ensemble de sa carrière.

Accident vasculaire cérébral

Mais à partir de 2001, un accident vasculaire cérébral qui l'a fortement handicapé l'écarte des studios. Hormis un bref retour dans "Un homme et son chien" (2008) de Francis Huster. L'histoire d'un vieillard que la société rejette. Le visage buriné et éternellement bronzé, "Bébel" alimente alors davantage la rubrique people.

Après son divorce avec Natty, il défraie la chronique avec sa nouvelle conquête, une sulfureuse ex-mannequin belge, dont il se sépare en 2012.

Récompensé d'une Palme d'honneur à Cannes en 2011, d'un Lion d'or à Venise en 2016, il est à l'honneur des César 2017 où il est longuement ovationné. Canne à la main, "Bébel" ravit une nouvelle fois le public en plaisantant sur sa "sale gueule".

L'éternel séducteur est père de quatre enfants: Patricia (décédée), Florence, Paul et Stella, la petite dernière qu'il a eue à 70 ans.

"Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s'est éteint tranquillement", a écrit sa famille dans le communiqué, transmis par Me Michel Godest.Celui qu'on surnommait Bébel a tourné dans 80 films et laisse derrière lui des rôles inoubliables. De "Pierrot le fou" à "L'As des as", l'acteur au charisme exceptionnel a eu l'itinéraire d'un enfant gâté du cinéma, champion du box-office, durant 50 ans de carrière. Sa mort tourne une page majeure du cinéma français, Belmondo partant après sa bande d'amis du conservatoire, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Crémer ou encore Claude Rich... Ces dernières années, il avait dû enterrer ses complices, de Guy Bedos au meilleur ami, Charles Gérard, avec lequel il ne cessait de partager fous rires et matchs à Roland-Garros.Le président français s'est exprimé sur Twitter, peu après l'annonce de la mort de l'acteur. "Il restera à jamais Le Magnifique. Jean-Paul Belmondo était un trésor national, tout en panache et en éclats de rire, le verbe haut et le corps leste, héros sublime et figure familière, infatigable casse-cou et magicien des mots. En lui, nous nous retrouvions tous."D'autres hommages n'ont pas tardé à pleuvoir sur les réseaux, notamment celui du présentateur Jean-Luc Reichmann, ou encore Anne Hidalgo, maire de Paris.Sa carrière commencée sur les planches l'a mené en un demi-siècle aux sommets du box-office français, avec 130 millions de spectateurs cumulés au cinéma. Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, le jeune Belmondo grandit dans une famille d'artistes. Son père est un sculpteur reconnu. Lui aime faire le pitre et rêve de théâtre. Il intègre le conservatoire dans les années 50 et se constitue une bande "à la vie, à la mort" avec ses copains Jean Rochefort, Claude Rich, Bruno Crémer et Jean-Pierre Marielle. Après des petits rôles au théâtre et au cinéma, il fait la rencontre qui scelle son destin, en la personne de Jean-Luc Godard. "C'est lui qui m'a fait aimer le cinéma (...) Avant A bout de souffle, on m'avait tellement dit que je n'étais pas bon que je doutais", confiait en 2001 Jean-Paul Belmondo. Ce premier rôle clef, en 1960, aux côtés de Jean Seberg, le propulse sur le devant de la scène. Lui au départ si réticent vis-à-vis du septième art devient vite une vedette. Et, avec Alain Delon, l'un des deux monstres sacrés du cinéma français. Mélange de titi parisien à la Gabin -le héros de "Quai des Brumes" l'adoube d'ailleurs sur le tournage d'"Un singe en hiver": "Môme, t'es mes 20 ans!"-, de pitre à la Fernandel et de jeune premier à la Gérard Philipe... il enchaîne les succès. Acteur emblématique de la Nouvelle Vague ("Moderato Cantabile", "Pierrot le fou"), il se tourne vite vers les comédies et les aventures rocambolesques où il enlace les plus belles actrices, de Catherine Deneuve à Sophia Loren en passant par Claudia Cardinale et Françoise Dorléac. Certaines deviennent ses compagnes à la ville, comme Ursula Andress et Laura Antonelli. Passionné de boxe -gamin, il rêve d'égaler Marcel Cerdan-, il privilégie ensuite les rôles très "physiques" avec moult cascades, sans doublure, et coups de poing. C'est la période des superflics, des macho bagarreurs et des truands: "Borsalino", "Le Magnifique", "Flic ou voyou", "Le Professionnel" ou encore "L'As des as". "On a fini par me coller une étiquette" de cascadeur alors que "moi, ce que j'ai eu envie de faire, dans ma carrière, c'est de naviguer entre Malle, Godard, Melville et des gens comme Verneuil, Deray, Lautner", confiait-t-il. Pendant plus de vingt ans, 48 de ses films dépassent chacun le million d'entrées... Jusqu'au "Solitaire" en 1987, son premier gros échec commercial. "Le polar de trop. J'en avais marre et le public aussi". Il rebondit avec le personnage truculent de Sam Lion dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch (1988). L'un de ses plus grands rôles, avec à la clef le César du meilleur acteur. Trophée qu'il ne va pas chercher. Il revient à ses premières amours: il remonte sur les planches avec "Kean" et "Cyrano" et devient propriétaire du Théâtre des Variétés. Mais à partir de 2001, un accident vasculaire cérébral qui l'a fortement handicapé l'écarte des studios. Hormis un bref retour dans "Un homme et son chien" (2008) de Francis Huster. L'histoire d'un vieillard que la société rejette. Le visage buriné et éternellement bronzé, "Bébel" alimente alors davantage la rubrique people. Après son divorce avec Natty, il défraie la chronique avec sa nouvelle conquête, une sulfureuse ex-mannequin belge, dont il se sépare en 2012. Récompensé d'une Palme d'honneur à Cannes en 2011, d'un Lion d'or à Venise en 2016, il est à l'honneur des César 2017 où il est longuement ovationné. Canne à la main, "Bébel" ravit une nouvelle fois le public en plaisantant sur sa "sale gueule". L'éternel séducteur est père de quatre enfants: Patricia (décédée), Florence, Paul et Stella, la petite dernière qu'il a eue à 70 ans.