Article initialement paru dans le Focus du 16/12/2016 à l'occasion des 100 ans de Kirk Douglas.
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"Je trace ma propre route. Personne n'est mon patron. Personne n'a jamais été mon patron." La citation exprime bien la volonté d'indépendance de Kirk Douglas, sa détermination à franchir les obstacles, à forcer le destin, en défiant les conventions, et aussi les pouvoirs. Fils d'émigrants juifs venus de l'actuelle Biélorussie, Issur Danielovitch Demsky prit au tournant des années 30 et 40 le pseudonyme sous lequel il allait triompher dans les années 50, se hissant au firmament des plus grandes stars. Son pouvoir, Kirk Douglas allait l'employer pour défier les tabous (n'hésitant pas à jouer des personnages négatifs), combattre l'injustice (en l'occurrence, celle du maccarthysme et de sa liste noire, en confiant le scénario de Spartacus à l'exclu Dalton Trumbo) et nourrir des idées progressistes (comme dans l'antimilitariste Paths of Glory). On ne compte pas les classiques où il a brillé, du film noir (Out of the Past, Ace in the Hole) au film d'aventures (The Vikings, 20.000 Leagues Under the Sea) en passant par le western (The Big Sky, Man Without a Star, Gunfight at the O.K. Corral, El Perdido, There Was a Crooked Man), le drame (The Bad and the Beautiful, The Arrangement) et le film historique (Paths of Glory, Spartacus). Ce grand séducteur épousa une Belge (Anne Buydens), eut quatre fils, dont Michael, qui devint lui aussi star de cinéma. Après deux décennies au top, il connut dans les années 70 un déclin qu'il ne tenta pas vraiment de nier, s'effaçant petit à petit et se consacrant à sa famille et à sa fondation (The Douglas Foundation) pour les enfants défavorisés. Jamais revenu sur ses idées de gauche, il a récemment comparé Donald Trump à... Hitler, dans une tribune publiée par le Huffington Post!