Difficile de ne pas voir dans The Lost City of Z le récit d'une double obsession: celle de Percy Fawcett, d'une part, explorateur britannique parti au début du XXe siècle en Amazonie sur les traces d'une civilisation ancienne hautement développée. Et celle de James Gray, d'autre part, cinéaste new-yorkais embarqué, avec ce film, dans une aventure dont il ne mesurait sans doute pas totalement l'étendue en découvrant le roman éponyme de David Grann. Laquelle devait l'accaparer par intermittence durant huit années -il trouvera le temps de réaliser The Immigrant dans l'intervalle- parsemées de moments de découragement. Ainsi lorsqu'il nous confiait, en décembre 2012 à Marrakech, ne pas savoir s'il pourrait mener à son terme un projet auquel il avait pourtant déjà consacré une énergie considérable: "Je me suis rendu en Amazonie pour faire des repérages et je ne désespère pas de le tourner un jour. Mais le budget s'annonçait faramineux, tant l'entreprise est délicate logistiquement. Descendre l'Amazone avec le matériel nécessaire à la production d'un film n'a rien d'une sinécure. Je cherche un moyen d'y arriver sans dépression nerveuse ni épidémie de typhus à la clé..."
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