Attention, spoiler! Dans Mourir peut attendre, James Bond meurt. Le générique final annonce toutefois déjà, comme c'est de coutume, le retour de James Bond: "James Bond will return". Sous quelle forme, sous quels traits? Noir? Femme? Gay? Ça spécule grave, souvent pour raisons plus militantes que cinéphiles. En tuant le personnage, la production a en effet ouvert la porte a bien des possibilités. Si cette mort fait partie du "canon James Bond", tous les films à venir ne pourront en effet que se dérouler soit dans le passé avec un jeune homme blanc, option pas forcément très excitante, soit dans la continuité de cette réalité où Bond/Craig est mort. Et c'est là que les scénaristes pourraient s'en donner à coeur joie. Déjà, dans ce cas, il devrait alors être admis, vieille théorie de fans, que James Bond n'est en fait qu'une identité factice, utilisée par les services secrets de Sa Gracieuse Majesté depuis la Guerre Froide. Le prochain James Bond pourrait donc être une "origin story" réparant les gros soucis de continuité des films précédents. Option aussi rentable qu'à la mode depuis que systématique dans les adaptations de comics d'une part et dans l'univers Star Wars de l'autre. Option qui permettrait surtout de donner le rôle à à peu près n'importe qui, sans forcément tout chambouler, et tout en ancrant totalement James Bond dans les années 2020, désormais complètement en phase avec les valeurs contemporaines. Le petit nouveau pourrait même passer par un stage chez 007, alias Nomi, tiens!

Après une série avec Daniel Craig assez sombre et doloriste, les prochains films pourraient surtout redevenir plus légers et amusants. On y verrait comment on entraîne les agents secrets à exceller aux cartes et à ne pas piquer du nez après le septième Martini-vodka, par exemple. James Bond pourrait aussi refuser de tuer, tant qu'on y est. Et devrait apprendre à correctement dire son nouveau nom, sans rire. Je pense vraiment que l'on va vers une solution du genre et personnellement, je trouve ça encore moins excitant que cette adaptation de Maigret par Patrice Leconte avec Gérard Depardieu qui a récemment été annoncée sur Twitter. Traduisez: ça sera sans moi. Pas que je boycotterais un James Bond black et woke. Rien de militant ou de réac de ma part. Juste une réaction cinéphile, justement. C'est que cela fait des années maintenant que James Bond me fait bâiller et pour me redonner envie d'aller voir un de ses films, il faudrait en fait se montrer vraiment créatif. Se décarcasser. Dépasser la facilité. Carrément oser la oufitude! Moi producteur, c'est d'ailleurs bien simple: je tape sur la table l'idée que puisque James Bond est mort, célébrons James Bond. Vive James Bond. Et donc, plutôt que de remplacer une série de films avec Daniel Craig par une série de films avec Idris Elba ou Regé-Jean Page tout en s'en tenant aux mêmes clichés traînés depuis des décennies, on fait de chaque film une fête. Une fête qui pète. Une méga-teuf, même. Le Tomorrowland du film d'espionnage mais un Tomorrowland où le clou du spectacle ne serait pas forcément David Guetta qui joue du Donna Summer pendant un feu d'artifice mais un ours qui mange David Guetta alors qu'il joue du Donna Summer pendant un feu d'artifice. Place à l'inattendu, autrement dit. Au genre de film où les mirettes s'ouvriraient bien larges non pas parce que James Bond y ferait une énième cascade à moto ou le kéké en skis mais parce qu'à chaque nouveau film, il y aurait une vision totalement neuve du personnage, de l'inattendu, des surprises monstres.

Cela fait des années que James Bond me fait bâiller et pour me redonner envie d'aller voir un de ses films, il faudrait en fait se montrer vraiment créatif.

Oui! Confions un James Bond à Quentin Tarantino et le suivant à Jordan Peele. Un autre à Christopher Nolan, encore un autre à Park Chan-Wook ou Matt Reeves. Ou même à Roberto Rodriguez, en mode série Z. Faisons un coup de James Bond un adolescent noir, le film suivant un vieux réac roux de 75 ans. Tuons-le plus souvent. Faisons-le combattre des Soviétiques dans la réalité de 1952 et le SMERSH de 2156, dans un monde au climat définitivement déréglé et surpeuplé de belles personnes à moitié nues. Faisons de Ernst Stavro Blofeld un anti-héros comme on l'a fait du Joker. Faisons de Moneypenny une taupe. Faisons un James Bond où James Bond est chargé de venger la mort de James Bond. Autrement dit, ramenons Pierce Brosnan le temps d'un seul film, qui peut lui aussi mal finir. Faisons Moonraker 2, une comédie où après avoir fait l'amour en orbite, James Bond s'endort et se réveille en 3999 sur une planète entièrement habitée de femmes nues. Hmmm, non. Faisons No Time To Sleep alors, alias James Bond contre Freddy Krueger. Faisons Vlad Bond, le vampire qui m'aimait. Bref, faisons tout et n'importe quoi, du moment que ça ne ressert pas encore la même purée avec un assaisonnement à peine différent selon l'air du temps pour les soixante ans à venir. Faisons aussi un James Bond qui ne soit plus une longue publicité pour de l'alcool, des voitures et une destination exotique. James Bond est mort. Comme Obi-Wan Kenobi. Comme Black Widow et Loki. Autant dire qu'à priori, ça ne va pas fondamentalement changer grand-chose. Ce qui serait tout de même bien dommage.

Attention, spoiler! Dans Mourir peut attendre, James Bond meurt. Le générique final annonce toutefois déjà, comme c'est de coutume, le retour de James Bond: "James Bond will return". Sous quelle forme, sous quels traits? Noir? Femme? Gay? Ça spécule grave, souvent pour raisons plus militantes que cinéphiles. En tuant le personnage, la production a en effet ouvert la porte a bien des possibilités. Si cette mort fait partie du "canon James Bond", tous les films à venir ne pourront en effet que se dérouler soit dans le passé avec un jeune homme blanc, option pas forcément très excitante, soit dans la continuité de cette réalité où Bond/Craig est mort. Et c'est là que les scénaristes pourraient s'en donner à coeur joie. Déjà, dans ce cas, il devrait alors être admis, vieille théorie de fans, que James Bond n'est en fait qu'une identité factice, utilisée par les services secrets de Sa Gracieuse Majesté depuis la Guerre Froide. Le prochain James Bond pourrait donc être une "origin story" réparant les gros soucis de continuité des films précédents. Option aussi rentable qu'à la mode depuis que systématique dans les adaptations de comics d'une part et dans l'univers Star Wars de l'autre. Option qui permettrait surtout de donner le rôle à à peu près n'importe qui, sans forcément tout chambouler, et tout en ancrant totalement James Bond dans les années 2020, désormais complètement en phase avec les valeurs contemporaines. Le petit nouveau pourrait même passer par un stage chez 007, alias Nomi, tiens! Après une série avec Daniel Craig assez sombre et doloriste, les prochains films pourraient surtout redevenir plus légers et amusants. On y verrait comment on entraîne les agents secrets à exceller aux cartes et à ne pas piquer du nez après le septième Martini-vodka, par exemple. James Bond pourrait aussi refuser de tuer, tant qu'on y est. Et devrait apprendre à correctement dire son nouveau nom, sans rire. Je pense vraiment que l'on va vers une solution du genre et personnellement, je trouve ça encore moins excitant que cette adaptation de Maigret par Patrice Leconte avec Gérard Depardieu qui a récemment été annoncée sur Twitter. Traduisez: ça sera sans moi. Pas que je boycotterais un James Bond black et woke. Rien de militant ou de réac de ma part. Juste une réaction cinéphile, justement. C'est que cela fait des années maintenant que James Bond me fait bâiller et pour me redonner envie d'aller voir un de ses films, il faudrait en fait se montrer vraiment créatif. Se décarcasser. Dépasser la facilité. Carrément oser la oufitude! Moi producteur, c'est d'ailleurs bien simple: je tape sur la table l'idée que puisque James Bond est mort, célébrons James Bond. Vive James Bond. Et donc, plutôt que de remplacer une série de films avec Daniel Craig par une série de films avec Idris Elba ou Regé-Jean Page tout en s'en tenant aux mêmes clichés traînés depuis des décennies, on fait de chaque film une fête. Une fête qui pète. Une méga-teuf, même. Le Tomorrowland du film d'espionnage mais un Tomorrowland où le clou du spectacle ne serait pas forcément David Guetta qui joue du Donna Summer pendant un feu d'artifice mais un ours qui mange David Guetta alors qu'il joue du Donna Summer pendant un feu d'artifice. Place à l'inattendu, autrement dit. Au genre de film où les mirettes s'ouvriraient bien larges non pas parce que James Bond y ferait une énième cascade à moto ou le kéké en skis mais parce qu'à chaque nouveau film, il y aurait une vision totalement neuve du personnage, de l'inattendu, des surprises monstres. Oui! Confions un James Bond à Quentin Tarantino et le suivant à Jordan Peele. Un autre à Christopher Nolan, encore un autre à Park Chan-Wook ou Matt Reeves. Ou même à Roberto Rodriguez, en mode série Z. Faisons un coup de James Bond un adolescent noir, le film suivant un vieux réac roux de 75 ans. Tuons-le plus souvent. Faisons-le combattre des Soviétiques dans la réalité de 1952 et le SMERSH de 2156, dans un monde au climat définitivement déréglé et surpeuplé de belles personnes à moitié nues. Faisons de Ernst Stavro Blofeld un anti-héros comme on l'a fait du Joker. Faisons de Moneypenny une taupe. Faisons un James Bond où James Bond est chargé de venger la mort de James Bond. Autrement dit, ramenons Pierce Brosnan le temps d'un seul film, qui peut lui aussi mal finir. Faisons Moonraker 2, une comédie où après avoir fait l'amour en orbite, James Bond s'endort et se réveille en 3999 sur une planète entièrement habitée de femmes nues. Hmmm, non. Faisons No Time To Sleep alors, alias James Bond contre Freddy Krueger. Faisons Vlad Bond, le vampire qui m'aimait. Bref, faisons tout et n'importe quoi, du moment que ça ne ressert pas encore la même purée avec un assaisonnement à peine différent selon l'air du temps pour les soixante ans à venir. Faisons aussi un James Bond qui ne soit plus une longue publicité pour de l'alcool, des voitures et une destination exotique. James Bond est mort. Comme Obi-Wan Kenobi. Comme Black Widow et Loki. Autant dire qu'à priori, ça ne va pas fondamentalement changer grand-chose. Ce qui serait tout de même bien dommage.