Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, Cristal du meilleur film à Annecy, Grand Prix du Animation Is Film Festival à Los Angeles, avant les European Film Awards à Berlin, certainement les César et peut-être même les Oscars... Vous n'avez pas fini d'entendre parler de J'ai perdu mon corps. Mais qui est Jérémy Clapin, 45 ans, réalisateur de ce fulgurant premier long métrage d'animation construit autour de la main tranchée d'un jeune homme qui s'échappe d'une salle de dissection pour traverser Paris et retrouver son corps? Réponse: un ancien prof de... tennis passé par les arts décoratifs à Paname qui a financé ses premiers courts animés en enseignant le service-volée. Et quels courts, déjà! Dès 2004 et Une histoire vertébrale, récit des rêves de grand amour d'un homme atteint d'une déformation qui le contraint à avoir constamment la tête dirigée vers le sol, il impose un ton et un style façonnés par de véritables obsessions d'auteur: le corps, la différence, la solitude de personnages marginalisés et malmenés par la vie. Quatre ans plus tard, il signe avec Skhizein un autre chef-d'oeuvre de poche, à l'atmosphère à nouveau résolument plombée mais aussi hautement émotionnelle, où un homme se retrouve à 91 centimètres de lui-même suite à la chute d'une météorite. Soit tout l'art du décalage propre à Jérémy Clapin résumé en treize minutes chrono.
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