Ce n'est pas un secret, le confinement et la crise du Covid-19 ont porté un coup dur au secteur culturel. Les métiers du cinéma et de l'audiovisuel ne sont pas exemptés de ces conséquences. Durant le mois d'avril, Hors Champ a questionné ces travailleurs avec un double objectif : documenter les conséquences concrètes de la crise et en chiffrer les pertes. En tout, ce sont 126 techniciens et techniciennes (dont des personnes au son, à la réalisation, en régie, au maquillage, à la décoration, à la post-production ...) qui ont répondu à ce questionnaire. Les chiffres qui en ressortent mettent en avant des personnes dans une situation plus que précaire.

En temps normal, 46% des techniciens questionnés bénéficient du statut dit "d'artiste". Même si ce statut n'existe pas véritablement en Belgique, il permet aux personnes rémunérées pour des commandes à visée artistique d'accéder à la non-dégressivité des impôts et des assouplissements quant à l'accès aux allocations de chômage. Néanmoins, 44% des répondants n'ont pas droit à ces dernières.

Le profil de l'artiste est particulier étant donné qu'il exerce bien souvent des activités avec des commanditaires ou des employeurs différents. 60% des répondants signant majoritairement un contrat directement avec un producteur travaillent bien souvent sous contrat à durée limitée, tandis que 37% signent principalement des contrats pour un travail bien défini. Pour ces derniers, l'interruption des tournages a mis fin automatiquement au contrat et certains techniciens n'ont pas pu accéder au chômage temporaire.

Des pertes financières importantes

Sur 126 répondants, 56 ont subi une interruption de projet à cause du confinement. Pour la majorité d'entre eux, il y a une inconnue sur le futur du projet : 27% sont en standby, 13% ont vu un avenant annuler leur contrat et 21% d'entre eux ont vu une annulation unilatérale du projet par l'employeur. Ces interruptions engendrent des pertes considérables pour ces 56 travailleurs touchés : c'est près de 395.000 euros bruts de perdu, soit 7.000 euros en moyenne par personne. 95% d'entre eux n'ont pas été payés pour les jours de travail annulés. Fait interpellant: dans 77% des cas d'interruption, les techniciens débutent leur travail sans avoir signé leur contrat.

Hors Champ craint aussi pour les projets à venir, même s'il n'est pour l'instant pas possible de mesurer exactement les futures pertes étant donné le manque de perspective. Actuellement, 95 techniciens perdraient ensemble plus de 5.000 journées de travail, avec une perte moyenne de 11.000 euros par répondant. L'association ponctue en considérant les aides de la Fédération Wallonie-Bruxelles comme "louables" mais sans effet pour des techniciens et techniciennes qui ont vu leurs contrats non signés avant le confinement ou être annulés par des avenants.

Arno Goies

Ce n'est pas un secret, le confinement et la crise du Covid-19 ont porté un coup dur au secteur culturel. Les métiers du cinéma et de l'audiovisuel ne sont pas exemptés de ces conséquences. Durant le mois d'avril, Hors Champ a questionné ces travailleurs avec un double objectif : documenter les conséquences concrètes de la crise et en chiffrer les pertes. En tout, ce sont 126 techniciens et techniciennes (dont des personnes au son, à la réalisation, en régie, au maquillage, à la décoration, à la post-production ...) qui ont répondu à ce questionnaire. Les chiffres qui en ressortent mettent en avant des personnes dans une situation plus que précaire.En temps normal, 46% des techniciens questionnés bénéficient du statut dit "d'artiste". Même si ce statut n'existe pas véritablement en Belgique, il permet aux personnes rémunérées pour des commandes à visée artistique d'accéder à la non-dégressivité des impôts et des assouplissements quant à l'accès aux allocations de chômage. Néanmoins, 44% des répondants n'ont pas droit à ces dernières. Le profil de l'artiste est particulier étant donné qu'il exerce bien souvent des activités avec des commanditaires ou des employeurs différents. 60% des répondants signant majoritairement un contrat directement avec un producteur travaillent bien souvent sous contrat à durée limitée, tandis que 37% signent principalement des contrats pour un travail bien défini. Pour ces derniers, l'interruption des tournages a mis fin automatiquement au contrat et certains techniciens n'ont pas pu accéder au chômage temporaire.Sur 126 répondants, 56 ont subi une interruption de projet à cause du confinement. Pour la majorité d'entre eux, il y a une inconnue sur le futur du projet : 27% sont en standby, 13% ont vu un avenant annuler leur contrat et 21% d'entre eux ont vu une annulation unilatérale du projet par l'employeur. Ces interruptions engendrent des pertes considérables pour ces 56 travailleurs touchés : c'est près de 395.000 euros bruts de perdu, soit 7.000 euros en moyenne par personne. 95% d'entre eux n'ont pas été payés pour les jours de travail annulés. Fait interpellant: dans 77% des cas d'interruption, les techniciens débutent leur travail sans avoir signé leur contrat. Hors Champ craint aussi pour les projets à venir, même s'il n'est pour l'instant pas possible de mesurer exactement les futures pertes étant donné le manque de perspective. Actuellement, 95 techniciens perdraient ensemble plus de 5.000 journées de travail, avec une perte moyenne de 11.000 euros par répondant. L'association ponctue en considérant les aides de la Fédération Wallonie-Bruxelles comme "louables" mais sans effet pour des techniciens et techniciennes qui ont vu leurs contrats non signés avant le confinement ou être annulés par des avenants.Arno Goies