Fien Troch a 38 ans. C'est jeune encore pour une cinéaste, mais "vieux" déjà pour faire écho au malaise adolescent d'aujourd'hui. Pourtant, quelle troublante justesse dans son nouveau film, centré sur quelques ados et leurs familles en pays flamand! Le sujet du flou existentiel des teenagers est puissamment balisé, déjà. Mais là où Larry Clark impose son regard à la réalité filmée, là où Gus Van Sant en fait un sujet de rêverie complice, là où Gregg Araki l'exalte de son esthétique rock et festive, la réalisatrice belge fait vibrer la toile d'une tension unique, née d'un mélange de résolution farouche et d'humilité, d'images accordées aux personnages sans jamais oublier la distance nécessaire au constat humain qui fascine, et forcément dérange. "Au tout début, raconte-t-elle, le film devait s'appeler Syrie et avait entre autres personnages un jeune garçon qui veut partir se battre là-bas. C'était avan...