Il y a, d'abord, cette réalité maintes fois rappelée depuis 25 ans maintenant: en 71 éditions du festival de Cannes, Jane Campion reste la seule femme à avoir remporté la Palme d'or. Deux fois plutôt qu'une, même, puisque celle octroyée à La Leçon de piano en 1993 (ex aequo avec Adieu ma concubine, de Chen Kaige) avait été précédée, sept ans plus tôt, d'une autre, glanée par Peel: An Exercice in Discipline, primé dans la catégorie courts métrages -un doublé unique dans l'histoire du plus grand festival de cinéma au monde. Mais si la cinéaste néo-zélandaise à la longue chevelure argentée est entrée dans l'histoire du 7e art, figurant incontestablement parmi les auteures majuscules de son temps, c'est plus encore parce que son cinéma a toujours témoigné d'une sensibilité toute singulière, déclinée sous un prisme essentiellement féminin. Titre de l'adaptation de Henry James qu'elle signait en 1996, The Portrait of a Lady, certes pas son meilleur film, est par contre emblématique de son parcours, dont il établirait en quelque sorte le programme générique, suivant une ligne courant de Sweetie, son premier long métrage, à la fin des années 80, à Top of the Lake, l'épatante série télévisée à laquelle elle s'est consacrée ces dernières années.
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