Et si le cinéma chinois était tout simplement le plus passionnant du moment? Après Bi Gan à Cannes l'an dernier et le prodigieux tour de force de son Long Day's Journey into Night ouvrant à lui seul un fascinant éventail de possibles cinématographiques -cet hallucinant plan-séquence final de près d'une heure en 3D! Après Hu Bo, le suicidé, auteur en avril dernier avec An Elephant Sitting Still d'un chef-d'oeuvre monstre d'une absolue noirceur à même d'affoler tous les baromètres cinéphiles. Voici donc le retour certes attendu, mais pas à de pareils sommets, de Wang Xiaoshuai (Beijing Bicycle, Shanghai Dreams), qui signe avec l'incroyable So Long, My Son une immense fresque feuilletonnante de plus de trois heures couvrant quatre décennies d'une histoire familiale marquée du sceau de la tragédie. Une odyssée intime touchée par la grâce, et miraculeusement passée entre les mailles du filet de la censure chinoise, qui est repartie de la dernière Berlinale auréolée d'un double prix d'interprétation -féminin pour Yong Mei, masculin p...