"La musique me fait non seulement ressentir, mais aussi voir des choses. C'est un art visuel pour moi. J'écoute un morceau et je peux voir une scène se construire. C'est pour ça que je voulais faire ce film", révèle Edgar Wright. Baby Driver est un projet qu'il porte en lui depuis 2007. "À l'époque, j'avais l'idée de base: le chauffeur d'une bande de malfrats qui ne peut faire son travail qu'en musique."Mais l'histoire ne se débloque vraiment qu'après l'échec de Ant-Man chez Marvel, qu'il lâche à cause de différends créatifs, quand lui vient l'idée de donner à son personnage principal un acouphène, mal dont il a lui même souffert enfant. "Ainsi la musique vient d'une vraie nécessité car elle le guérit! Mais avec le temps, il ne peut plus s'en passer et devient dépendant. Je suis moi-même très dépendant à la musique. J'en écoute tout le temps. J'en ai besoin pour me motiver, pour conduire dans les embouteillages, pour aller faire du sport et bien sûr lorsque j'écris."Et comme Baby dans le film, Wright privilégie un iPod vieux d'une dizaine d'années à un service de streaming. "Je veux être certain d'avoir accès à ma musique à n'importe quel moment, sans être dépendant d'une connexion Internet. Avec un vieil iPod de 80 gigas, on peut littéralement transporter toute sa musique. Et puis je me suis dit que si Baby était un criminel professionnel, il éviterait d'avoir un smartphone ou tout objet qui permettrait de le localiser."
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"La musique me fait non seulement ressentir, mais aussi voir des choses. C'est un art visuel pour moi. J'écoute un morceau et je peux voir une scène se construire. C'est pour ça que je voulais faire ce film", révèle Edgar Wright. Baby Driver est un projet qu'il porte en lui depuis 2007. "À l'époque, j'avais l'idée de base: le chauffeur d'une bande de malfrats qui ne peut faire son travail qu'en musique."Mais l'histoire ne se débloque vraiment qu'après l'échec de Ant-Man chez Marvel, qu'il lâche à cause de différends créatifs, quand lui vient l'idée de donner à son personnage principal un acouphène, mal dont il a lui même souffert enfant. "Ainsi la musique vient d'une vraie nécessité car elle le guérit! Mais avec le temps, il ne peut plus s'en passer et devient dépendant. Je suis moi-même très dépendant à la musique. J'en écoute tout le temps. J'en ai besoin pour me motiver, pour conduire dans les embouteillages, pour aller faire du sport et bien sûr lorsque j'écris."Et comme Baby dans le film, Wright privilégie un iPod vieux d'une dizaine d'années à un service de streaming. "Je veux être certain d'avoir accès à ma musique à n'importe quel moment, sans être dépendant d'une connexion Internet. Avec un vieil iPod de 80 gigas, on peut littéralement transporter toute sa musique. Et puis je me suis dit que si Baby était un criminel professionnel, il éviterait d'avoir un smartphone ou tout objet qui permettrait de le localiser."Le personnage incarné par Ansel Elgort (Divergent) utilise donc une collection d'iPod vintage, mais aussi d'antiques cassettes audio! "L'action se déroule de nos jours, mais je tenais à ne pas dater le film. Quand vous utilisez la dernière technologie à la mode, votre film vieillit très vite. En mélangeant les époques, il n'y a plus d'époque! Pour la même raison, la chanson la plus récente dans le film date probablement de 2003. "Un choix qui va au-delà des goûts personnels du réalisateur pour devenir une considération quasi philosophique. "C'est vrai que j'écoute surtout de la musique qui date d'avant ma naissance, mais je ne suis pas le seul! Ansel n'a que 22 ans mais je me suis rendu compte qu'avec des services comme Spotify, il mélangeait les années sans même s'en apercevoir ou s'en soucier. Avec le temps, l'image de marque et le contexte politique ou social qui entourent un groupe ou une chanson disparaissent, il ne reste que la musique." Mais Baby Driver n'est pas qu'un film musical. C'est d'abord un film d'action articulé autour de trois courses-poursuites spectaculaires et brillamment mises en scène. Un nouveau challenge pour le réalisateur, habitué à des productions plus modestes. "L'important c'est de choisir les bons acteurs et qu'ils sachent à l'avance exactement ce qui se passe dans chaque scène. Ça veut dire un maximum de répétitions. Pas parce que je n'aurais pas le temps de leur parler sur le plateau, mais parce que je veux qu'ils aient une vue globale de l'histoire. Ansel est dans chaque scène, c'était important pour moi qu'il sache toujours ce qui s'était passé avant et ce qui se passerait après ce qu'on allait tourner."Thématiquement, par contre, Baby Driver s'inscrit dans une évolution naturelle pour le réalisateur, de moins en moins tourné vers les comédies pures qui l'ont rendu célèbre. "L'humour est très présent dans Baby Driver, mais je ne l'ai jamais vu comme une comédie. Le Dernier Pub avant la fin du monde(son film précédent, NDLR) était déjà une comédie très noire, une comédie sur la crise de la quarantaine. La noirceur de Baby Driver vient de ce que c'est un conte moral. Le premier braquage du film se déroule sans accrocs, la voiture n'a même pas une égratignure. Mais dès le deuxième, les ennuis commencent, il y a des dégâts, assez pour que Baby sache qu'il doit arrêter. Quand arrive le troisième braquage, il sait que ça va mal se passer mais il est obligé d'y aller. Je voulais que le film commence comme un rêve et bascule dans le cauchemar. On a tous ce fantasme de défier la loi, d'être un "gentil méchant" qui sème les flics à 200 à l'heure. Moi le premier! J'ai grandi avec des films comme Driver de Walter Hill ou la série Shérif, fais-moi peur!. Et puis j'ai pensé aux gamins d'aujourd'hui, ceux qui ont grandi avec des jeux vidéo comme GTA. J'ai pensé que ce serait intéressant de remettre le film de course-poursuite au goût du jour pour cette génération." Le réalisateur anglais a donc pensé son film pour une nouvelle génération, mais aussi pour un nouveau public: les Américains. "J'adore filmer dans une ville étrangère et la faire mienne. Lorsqu'on a choisi Atlanta pour Baby Driver, je me suis dit qu'il faillait l'exploiter à fond, que les habitants du coin se disent qu'on avait capturé l'esprit de leur ville. Un oeil étranger repère souvent de nouveaux détails intéressants. J'ai pensé à d'autres réalisateurs anglais. John Boorman qui a transformé notre image de Los Angeles avec Point Blank. John Schlesinger qui a su décrire la vitalité de New York comme personne dans Midnight Cowboy. J'aime me voir comme un citoyen du monde. Surtout avec le Brexit qui arrive, je n'aime pas l'idée d'être uniquement britannique. Dans mon métier, rien ne m'emplit plus de joie que le fait que mes films voyagent.