Une tendance que ne devrait pas infléchir une 18e édition proposant une soixantaine de films (déclinés, pour l'essentiel, entre compétition, panorama, courts et MeDoc) en un alléchant bouillon de culture(s). Deux thèmes dominent la programmation: à savoir d'une part, le vécu des jeunes, au coeur de nombreuses fictions, de Carmen & Lola de l'Espagnole Aranxta Echevarria, proposé en ouverture -l'histoire d'amour tabou de deux adolescentes dans la communauté gitane madrilène-, à Vent divin de l'Algérien Merzak Allouache, autour du phénomène de la radicalisation. Et d'autre part, les questions migratoires, envisagées à travers le prisme de la solidarité citoyenne, sève de plusieurs documentaires, comme Libre de Michael Toesca, ou Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella.

Le fait social ou politique s'invite par ailleurs régulièrement dans la sphère intime: dans Fatwa du Tunisien Mahmoud Ben Mahmoud, où un père enquête sur la mort de son fils après avoir découvert son ralliement au salafisme; dans Sofia de la Marocaine Meryem Benm'Barek, l'histoire d'une jeune fille se retrouvant dans l'illégalité pour avoir accouché clandestinement; ou encore dans Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi, passant l'inextricable conflit israélo-palestinien au filtre d'une comédie où Lubna Azabal brille sous les traits d'une diva de soap. À noter encore, échantillons d'un menu à même d'aiguiser la curiosité, Euforia, réalisé par Valeria Golino, Qui a tué Lady Winsley?, comédie caustique consacrant le retour d'Hiner Saleem, mais aussi Le Grand "Petit Miloudi", une échappée d'antan de Leila El Amine Demnati, documentaire revenant sur l'Histoire du cyclisme au Maroc, ou Of Fathers and Sons du Syrien Talal Derki, immersion au coeur d'une famille djihadiste...

Du 30/11 au 07/12, à Bruxelles. www.cinemamed.be