La peinture n'a jamais cessé d'inspirer le cinéma. Et de manières différentes. Pour des films biographiques consacrés à des peintres, d'abord. à l'exemple de Van Gogh qui aura suscité le meilleur du cinéma hollywoodien (Lust for Life de Vincente Minnelli, en 1956) et français (Van Gogh de Maurice Pialat, en 1992). Mais aussi comme influence esthétique directe, tel le même Van Gogh dont Kurosawa s'inspire à la lettre pour un épisode de son Dreams de 1990. Le film entrant, pour l'occasion, dans un tableau précis, Champ de blé aux corbeaux. Le plus intéressant n'en reste pas moins la situation inverse, celle où un tableau entre dans un film pour y jouer un rôle dramatique, par-delà toute considération de style, et ainsi devenir un élément à part entière du récit. Du délire fantastique The Picture of Dorian Gray (1945) d'Albert Lewin à la toile menaçante de fatum des Fantômes d'Ismaël (2017) d'Arnaud Desplechin, en passant par le "ve...