Il aura donc fallu une décennie complète aux scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick pour imaginer une suite à leur hit de 2009, Zombieland, grand looping farceur d'horreur dégénérée reprenant à son compte les tropes des jeux vidéo de type "shoot them up" pour mieux les plonger dans un vilain bain d'humour acide, bête et méchant. C'est qu'entre-temps, le tandem n'a pas chômé, appliquant au fond peu ou prou la même formule déconnante aux films de super- héros via les deux volets de Deadpool. Avec le succès (public, à tout le moins) que l'on sait.
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Il aura donc fallu une décennie complète aux scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick pour imaginer une suite à leur hit de 2009, Zombieland, grand looping farceur d'horreur dégénérée reprenant à son compte les tropes des jeux vidéo de type "shoot them up" pour mieux les plonger dans un vilain bain d'humour acide, bête et méchant. C'est qu'entre-temps, le tandem n'a pas chômé, appliquant au fond peu ou prou la même formule déconnante aux films de super- héros via les deux volets de Deadpool. Avec le succès (public, à tout le moins) que l'on sait. Dès le générique d'ouverture, qui voit le quatuor phare formé par Woody Harrelson, Emma Stone, Jesse Eisenberg et Abigail Breslin dégommer au ralenti et dans l'outrance des dizaines de zombies devant la Maison-Blanche au son du Master of Puppets de Metallica, aucun doute n'est permis: on est là pour rigoler sans se prendre la tête. Soit l'exact programme du film d'origine, qui démarrait lui aussi sur les chapeaux de roue et le For Whom the Bell Tolls du même groupe. L'intrigue est à l'avenant: dix ans après les faits, le chaos règne toujours en maître au coeur d'une Amérique post-apocalyptique. Et la routine qui menace nos héros est de courte durée, le départ précipité de la plus jeune du groupe relançant toute la bande sur les routes, entre scènes de ménage forcées et attaques féroces de morts-vivants. Bien conscient qu'il n'a pas grand-chose de neuf à proposer, ce deuxième épisode introduit une nouvelle race de zombies mutants, plus rapides, plus forts et plus meurtriers, immédiatement surnommés les T-800, en référence bien sûr à Terminator. Moquant notamment le degré de non-réalisme de The Walking Dead, le film ploie ainsi littéralement sous les clins d'oeil amusés à la culture populaire (des Simpsons à Terminator donc, de Wesley Snipes à Kevin James, de Bob Dylan à Elvis). Pour le reste, on reprend à peu de choses près les mêmes ingrédients: voix off logorrhéique, règles s'affichant en lettres capitales à l'intérieur du cadre, peur maladive des clowns, sarcasme à tout-va et jusqu'au caméo de Bill Murray, qui en rajoute une couche sur la franchise Garfield. Quant au décor de parc d'attractions qui clôturait très intelligemment le Zombieland de 2009, il laisse la place à celui d'une communauté néo-hippie rassemblée dans une nouvelle Babylone, soit un parc d'attractions en soi pour pacifistes fumeurs de ganja.En ce sens, ce Retour à Zombieland (le titre en français) est moins une suite qu'une variation sans prétention sur les mêmes thèmes, un modeste film-miroir qui remixe des séquences entières du premier épisode et va jusqu'à offrir des doubles à ses héros. Paresseux? S'il manque un peu de chair fraîche et menace même parfois de sentir le pourri, le film assume en tout cas pleinement son mimétisme, et en joue dans la bonne humeur. De là à imaginer un troisième volet, il ne faudrait tout de même pas pousser... Comme disait Schwarzy: Hasta la vista, baby!