[Critique ciné] Wildlife, Carey Mulligan phénoménale en femme au foyer mal mariée

18/12/18 à 11:56 - Mise à jour à 11:56
Du Le Vif Focus du 13/12/18

DRAME | Paul Dano passe pour la première fois derrière la caméra avec cette sage adaptation du roman de Richard Ford.

[Critique ciné] Wildlife, Carey Mulligan phénoménale en femme au foyer mal mariée
[Critique ciné] Wildlife, Carey Mulligan phénoménale en femme au foyer mal mariée

Acteur indé abonné aux personnages perturbés, révélé en ado mutique dans Little Miss Sunshine avant de confirmer chez Paul Thomas Anderson (There Will Be Blood), Denis Villeneuve (Prisoners) ou Steve McQueen (12 Years a Slave), Paul Dano passe pour la première fois derrière la caméra avec Wildlife, sage adaptation du roman de Richard Ford (Une saison ardente, éditions de l'Olivier, 1991). Situant son action dans la petite ville de Great Falls, Montana, au tout début des années 60, le film, patient récit d'apprentissage chroniquant le délitement inéluctable d'un couple (Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal), épouse le regard du fils de celui-ci, un adolescent (Ed Oxenbould) exposé en spectateur passif à une vérité parcellaire dont il ne détient pas la clé. Amateur de photographie, il est le fil rouge d'une succession de vignettes au détachement délavé, instantanés d'une vie pavillonnaire modeste dont le "bonheur" en kit, quasi sériel, n'est pas celui des rutilantes promesses du rêve américain.

Comment se construire dans l'échec et les espoirs déçus? Cadre souvent fixe, situations très dialoguées, images épurées à la composition savamment équilibrée... S'il peine parfois à s'affranchir de ses origines littéraires, Wildlife, film de personnages dont l'atmosphère évoque encore les toiles d'un Edward Hopper, fait le pari de la subtilité, idéalement servi par un casting en or d'où se détache la Britannique Carey Mulligan. En femme au foyer mal mariée consumée par un feu intérieur qui lui intime dans la douleur et l'abnégation de reprendre en main les rênes de son destin, la comédienne est phénoménale de (fausse) fragilité et de (vraie) complexité, laquelle culmine dans un ultime plan superbe d'émotion contenue.

De Paul Dano. Avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould. 1h44. Sortie: 19/12. ***(*)

>> Lire également notre interview de Carey Mulligan.