[Critique ciné] Voyez comme on danse, d'une excentricité assumée

10/10/18 à 10:07 - Mise à jour à 10:07
Du Le Vif Focus du 04/10/18

COMÉDIE DRAMATIQUE | Une comédie chorale solidement secouée signée Michel Blanc.

[Critique ciné] Voyez comme on danse, d'une excentricité assumée

L'acteur-réalisateur de Grosse fatigue et de Mauvaise passe nous présente Julien (Jean-Paul Rouve) qui s'imagine suivi en permanence, son fils Alex (William Lebghil) qui découvre subitement qu'il va devenir père, Véro (Karin Viard) qui va être grand-mère et ne sait pas comment s'en sortir financièrement, Elizabeth (Charlotte Rampling) laissée seule par un mari fraudeur fiscal en fuite (Jacques Dutronc), et puis la femme de Julien, Lucie (Carole Bouquet), que la parano et l'infidélité de son époux révoltent, et qui voit revenir du passé un ex-copain de jeunesse (Michel Blanc) toujours amoureux d'elle... Ajoutez encore quelques autres personnages à surprise comme Serena (Sara Martins), la mystérieuse petite amie de Julien, et vous obtenez le matériau humain d'une comédie chorale solidement secouée. Blanc aime l'humour noir et ne se prive pas de faire grincer situations, gags et répliques, dans un film pouvant illustrer le mot d'ordre de Montesquieu: "Parler gravement des choses légères et légèrement des choses graves." La mécanique de Voyez comme on danse connaît quelques ratés, rencontre quelques impasses, souffre par endroits d'être trop écrit (1). Mais l'ensemble séduit par la manière dont il embrasse le chaos de la vie, par son excentricité assumée et surtout par le beau rôle si méritoirement donné aux femmes, toutes merveilleusement jouées par des actrices complices.

(1) Avec Joseph Connolly, déjà coscénariste de Embrassez qui vous voulez, réalisé par Blanc en 2002.

De Michel Blanc. Avec Karin Viard, Carole Bouquet, Charlotte Rampling. 1h28. Sortie: 10/10. ***(*)

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