[Critique ciné] Vice, bourré d'idées qui font mouche

26/02/19 à 15:32 - Mise à jour à 15:32

Source: Focus Vif

BIOPIC | Durant les deux mandats de George W. Bush, Dick Cheney, son vice-président, a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial. Adam McKay s'attaque à cette figure de l'ombre.

[Critique ciné] Vice, bourré d'idées qui font mouche

"Ce qui suit est une histoire vraie. Enfin, une histoire aussi vraie que possible sachant que Dick Cheney est connu pour avoir été l'un des leaders les plus secrets de l'Histoire. Mais, merde, on a fait de notre mieux." Cinéaste venu de la comédie joyeusement outrée, et souvent régressive, Adam McKay (The Big Short) s'attaque à cette figure de l'ombre, animal politique froid et calculateur, en partant du postulat suivant: durant les deux mandats de George W. Bush, Cheney, son vice-président, a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial, transformant la vie de millions de gens sans que personne ne s'en aperçoive réellement. Grand architecte caché de l'échiquier géopolitique tel que nous le connaissons aujourd'hui, ce véritable Zelig de la gouvernance américaine prend ici les traits d'un Christian Bale gras et chauve, métamorphosé malgré sa voix batmanesque en diable. À sa suite, le film brasse énormément de matière dans un simulacre de désorganisation qui contribue à son énergie ravageuse, le côté très démonstratif de la reconstitution historique -interprétations à Oscars, mimétisme maniaque, mise en scène aux accents opératiques- se voyant idéalement contrebalancé par un montage hyper dynamique multipliant les allers-retours sur la ligne du temps. Satire politique mordante et ouvertement irrévérencieuse, Vice brise le quatrième mur et file la métaphore animale avec humour, férocité et invention, autant de caractéristiques qui le préservent de l'écueil du biopic classique et ennuyeux. Bourré d'idées qui font mouche -ce faux générique de fin qui déboule au beau milieu du film-, un divertissement critique certes bavard mais très libre de ton, fun sans jamais être simpliste.

D'Adam McKay. Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell. 2h12. Sortie: 27/02. ***(*)

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