L'action débute à Tokyo, par un appel de l'école maternelle informant Satoko, la maman d'Asato, un petit garçon de six ans, que ce dernier a provoqué la chute d'un condisciple, blessé dans l'aventure. En dépit des dénégations du gamin, la famille de son camarade entend bien obtenir une réparation financière. Moment où, annonçant un film à l'architecture élégante et complexe, le récit prend une autre direction. Pour s'attacher aux circonstances qui, quelques années plus tôt, avaient conduit Satoko et son mari Kiokazu, un couple ne pouvant pas avoir d'enfant, à se tourner vers Baby Baton, une association basée à Hiroshima accueillant des filles-mères, afin d'adopter un nourrisson. Et de goûter à un bonheur sans nuages avec leur fils Asato, jusqu'au jour où Hikari, la mère biologique du garçon, s'invite à nouveau dans le paysage, animée désormais par le désir de rencontrer son enfant...

Rapport aux êtres et au monde

Ce sujet revêt à l'évidence pour Naomi Kawase une dimension éminemment personnelle, la réalisatrice ayant elle-même grandi auprès de parents adoptifs. Ni Tsutsumarete, son tout premier opus, racontait d'ailleurs la recherche de son père biologique. Pour autant, True Mothers n'a rien du film à thème, avec ce que cela pourrait sous-entendre de laborieux, même si, chemin faisant, la cinéaste veille à décrire le processus d'adoption avec une précision toute documentaire. Une manière, surtout, de donner à cette histoire un surcroît de vérité, et l'une des nombreuses strates d'un récit serpentant sur la ligne du temps pour enlacer avec maestria les chemins de ses protagonistes, trois femmes en particulier: Satoko, Hikari, mais aussi Shizue Asami, la responsable de Baby Baton. Ce mouvement, Naomi Kawase l'exécute avec une rare fluidité, True Mothers absorbant bientôt le spectateur dans une trame qui, si elle n'est dénuée ni de péripéties ni d'aspérités, semble guidée plus que tout par cette aspiration à l'équilibre vers laquelle tend l'ensemble de son cinéma. Et cela, qu'il s'agisse de l'harmonie avec la nature, comme émanation d'un rapport au cosmos, ou de celle entre les êtres, comme expression d'un rapport au monde. Proposition qui trouve ici une déclinaison en tous points lumineuse, pour un film parcouru par une émotion aussi généreuse que subtilement pénétrante, jusqu'à sa conclusion discrètement bouleversante. Et, pour le coup, singulièrement réconfortante.

DRAME. De Naomi Kawase. Avec Hiromi Nagasaku, Arata Iura, Aju Makita. 2h20. Sortie: 28/07. ****

>> Lire aussi notre interview de la réalisatrice.

L'action débute à Tokyo, par un appel de l'école maternelle informant Satoko, la maman d'Asato, un petit garçon de six ans, que ce dernier a provoqué la chute d'un condisciple, blessé dans l'aventure. En dépit des dénégations du gamin, la famille de son camarade entend bien obtenir une réparation financière. Moment où, annonçant un film à l'architecture élégante et complexe, le récit prend une autre direction. Pour s'attacher aux circonstances qui, quelques années plus tôt, avaient conduit Satoko et son mari Kiokazu, un couple ne pouvant pas avoir d'enfant, à se tourner vers Baby Baton, une association basée à Hiroshima accueillant des filles-mères, afin d'adopter un nourrisson. Et de goûter à un bonheur sans nuages avec leur fils Asato, jusqu'au jour où Hikari, la mère biologique du garçon, s'invite à nouveau dans le paysage, animée désormais par le désir de rencontrer son enfant... Ce sujet revêt à l'évidence pour Naomi Kawase une dimension éminemment personnelle, la réalisatrice ayant elle-même grandi auprès de parents adoptifs. Ni Tsutsumarete, son tout premier opus, racontait d'ailleurs la recherche de son père biologique. Pour autant, True Mothers n'a rien du film à thème, avec ce que cela pourrait sous-entendre de laborieux, même si, chemin faisant, la cinéaste veille à décrire le processus d'adoption avec une précision toute documentaire. Une manière, surtout, de donner à cette histoire un surcroît de vérité, et l'une des nombreuses strates d'un récit serpentant sur la ligne du temps pour enlacer avec maestria les chemins de ses protagonistes, trois femmes en particulier: Satoko, Hikari, mais aussi Shizue Asami, la responsable de Baby Baton. Ce mouvement, Naomi Kawase l'exécute avec une rare fluidité, True Mothers absorbant bientôt le spectateur dans une trame qui, si elle n'est dénuée ni de péripéties ni d'aspérités, semble guidée plus que tout par cette aspiration à l'équilibre vers laquelle tend l'ensemble de son cinéma. Et cela, qu'il s'agisse de l'harmonie avec la nature, comme émanation d'un rapport au cosmos, ou de celle entre les êtres, comme expression d'un rapport au monde. Proposition qui trouve ici une déclinaison en tous points lumineuse, pour un film parcouru par une émotion aussi généreuse que subtilement pénétrante, jusqu'à sa conclusion discrètement bouleversante. Et, pour le coup, singulièrement réconfortante.