La conquête de l'espace fait à nouveau recette, The Martian, adapté par Ridley Scott d'un roman d'Andy Weir, venant en confirmer le retour en grâce hollywoodienne, après les triomphes du Gravity d'Alfonso Cuaron, et d'Interstellar de Christopher Nolan. La comparaison avec ce dernier ne s'arrête pas là, puisque les deux films affichent curieusement un casting voisin, Matt Damon et Jessica Chastain réendossant pour le coup des habits familiers. Le premier campe Mark Watney, un astronaute-botaniste laissé pour mort par ses compagnons lors d'une expédition géologique sur la planète rouge; mission qu'avait écourtée une violente tempête ayant conduit la commandante Melissa Lewis (Chastain) à ordonner une retraite précipitée, l'équipage de la mission Ares 3 décollant dans l'urgence pour l'immensité de l'espace. Quelques heures plus tard, Watney émerge pourtant de la poussière, seul sur Mars, avec des vivres en quantité limitée et sans possibilité réaliste de repartir d'un environnement pire qu'hostile, mortel. L'homme a de la ressource, cependant, et va tenter, à grand renfort d'ingéniosité et de persévérance, de ménager les conditions de sa survie, tout en s'employant à rétablir le contact avec la Terre, à quelque 225 millions de kilomètres de là...

Mars Needs Guitars!

Il y a du Mission to Mars, de Brian De Palma, mais plus encore du Cast Away, de Robert Zemeckis, dans ce nouveau film de Ridley Scott, épopée solitaire d'un naufragé de l'espace auquel Matt Damon donne bientôt des allures de Robinson. L'acteur n'est certes pas étranger à la réussite de l'entreprise, conférant à ce survival spatial une densité humaine que relève un humour distillé avec soin. Ainsi, parmi d'autres, du running gag rythmant le film de scies disco, bande-son imposée de l'existence solitaire d'un Watney ne pouvant que constater après les Hoodoo Gurus qu'en effet, Mars Needs Guitars!

Scott, pour sa part, témoigne ici d'un savoir-faire indéniable. Et s'il n'a pas l'ambition philosophique des oeuvres de Cuaron et même Nolan, son film (qui a reçu l'appui de la Nasa) n'en brasse pas moins des enjeux sensibles, humains, écologiques et autres, faisant au passage et signe des temps, le pari d'une coopération sino-américaine, tout en ménageant un suspense allant crescendo. Semblant dans un premier temps flotter comme en apesanteur, The Martian trouve ensuite son rythme de croisière, absorbant le spectateur au gré de ses allers-retours entre Terre et espace. Le ballet stellaire qui s'ensuit est fascinant, le désert de Wadi Rum, en Jordanie, faisant une planète Mars plus que convaincante, décor d'un film d'aventures d'une appréciable sobriété, refusant la surenchère tant émotionnelle que pyrotechnique sans rien perdre pour autant en souffle ni en efficacité.

DE RIDLEY SCOTT. AVEC MATT DAMON, JESSICA CHASTAIN, CHIWETEL EJIOFOR. 2H21. SORTIE: 07/10.

La conquête de l'espace fait à nouveau recette, The Martian, adapté par Ridley Scott d'un roman d'Andy Weir, venant en confirmer le retour en grâce hollywoodienne, après les triomphes du Gravity d'Alfonso Cuaron, et d'Interstellar de Christopher Nolan. La comparaison avec ce dernier ne s'arrête pas là, puisque les deux films affichent curieusement un casting voisin, Matt Damon et Jessica Chastain réendossant pour le coup des habits familiers. Le premier campe Mark Watney, un astronaute-botaniste laissé pour mort par ses compagnons lors d'une expédition géologique sur la planète rouge; mission qu'avait écourtée une violente tempête ayant conduit la commandante Melissa Lewis (Chastain) à ordonner une retraite précipitée, l'équipage de la mission Ares 3 décollant dans l'urgence pour l'immensité de l'espace. Quelques heures plus tard, Watney émerge pourtant de la poussière, seul sur Mars, avec des vivres en quantité limitée et sans possibilité réaliste de repartir d'un environnement pire qu'hostile, mortel. L'homme a de la ressource, cependant, et va tenter, à grand renfort d'ingéniosité et de persévérance, de ménager les conditions de sa survie, tout en s'employant à rétablir le contact avec la Terre, à quelque 225 millions de kilomètres de là... Il y a du Mission to Mars, de Brian De Palma, mais plus encore du Cast Away, de Robert Zemeckis, dans ce nouveau film de Ridley Scott, épopée solitaire d'un naufragé de l'espace auquel Matt Damon donne bientôt des allures de Robinson. L'acteur n'est certes pas étranger à la réussite de l'entreprise, conférant à ce survival spatial une densité humaine que relève un humour distillé avec soin. Ainsi, parmi d'autres, du running gag rythmant le film de scies disco, bande-son imposée de l'existence solitaire d'un Watney ne pouvant que constater après les Hoodoo Gurus qu'en effet, Mars Needs Guitars! Scott, pour sa part, témoigne ici d'un savoir-faire indéniable. Et s'il n'a pas l'ambition philosophique des oeuvres de Cuaron et même Nolan, son film (qui a reçu l'appui de la Nasa) n'en brasse pas moins des enjeux sensibles, humains, écologiques et autres, faisant au passage et signe des temps, le pari d'une coopération sino-américaine, tout en ménageant un suspense allant crescendo. Semblant dans un premier temps flotter comme en apesanteur, The Martian trouve ensuite son rythme de croisière, absorbant le spectateur au gré de ses allers-retours entre Terre et espace. Le ballet stellaire qui s'ensuit est fascinant, le désert de Wadi Rum, en Jordanie, faisant une planète Mars plus que convaincante, décor d'un film d'aventures d'une appréciable sobriété, refusant la surenchère tant émotionnelle que pyrotechnique sans rien perdre pour autant en souffle ni en efficacité.