Classique inoxydable de la littérature pour la jeunesse, Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling a connu de nombreuses adaptations cinématographiques, les plus fameuses restant celles que signait Zoltan Korda en 1942, fantasmagorie en technicolor dans la grande tradition des films d'aventures exotiques de l'époque, et celle de Wolfgang Reitherman en 1967, merveille d'une animation Disney alors à son sommet. Si elle n'a ni la poésie de la première ni la fantaisie de la seconde, la version qu'en propose aujourd'hui Jon Favreau n'est pas dénuée d'intérêt pour autant, opérant en quelque sorte la synthèse des deux précédentes.

Venant après le Alice in Wonderland de Tim Burton et autres Maleficent de Robert Stromberg ou Cendrillon de Kenneth Branagh, le film s'inscrit dans cette tendance lourde qui a vu récemment les studios Disney recycler leurs chefs-d'oeuvre animés en prises de vue réelles, avec un inégal bonheur, faut-il le préciser. Une politique dont le réalisateur d'Iron Man a su pour sa part tirer son parti, ce Jungle Book affichant un profil hybride, renvoyant éloquemment au film de Reitherman qu'il pimente de grand spectacle, tout en adoptant l'architecture d'un blockbuster on ne peut plus contemporain.

Nostalgie et air du temps

Soit donc l'histoire de Mowgli (Neel Sethi), petit d'homme élevé dans une jungle de synthèse au sein d'une famille de loups. Et qui, le tigre Shere Khan se montrant toujours plus menaçant, va devoir quitter le seul foyer qu'il ait jamais connu pour entreprendre un voyage initiatique de tous les dangers sous la houlette de la panthère Bagheera, bientôt rejointe par l'ours Baloo. La suite consistant en rencontres insolites et en aventures, drôles ou inquiétantes, alignées comme à la parade.

Surfant sur la nostalgie comme sur l'air du temps hollywoodien, The Jungle Book laisse un sentiment ambivalent. Jon Favreau ne fait pas l'économie d'une 3D inutile ni d'un final pachydermique, revisitant à grand renfort de pyrotechnie la panacée qu'est devenue le combat entre le bien et le mal. Cela posé, le film fait un usage plutôt avisé de ses (très) nombreux effets spéciaux. Venue donner vie et réalisme au peuple de la jungle, la motion capture se révèle ainsi concluante. Quant au ballet des animaux parlants, que l'on redoutait kitschissime, il s'avère à l'autopsie éminemment savoureux, par la grâce de dialogues choisis et d'un casting d'enfer où la suavité de Scarlett Johansson (Kaa) fait des ravages, au même titre que l'abattage d'un Bill Murray, impérial en Baloo. Lorsque, citation limpide du film de 1967, ce dernier se met à siffloter Bare Necessities, c'est toute la magie de cette histoire immortelle qui rejaillit, en quelque poussée de Jungle Fever...

DE JON FAVREAU. AVEC NEEL SETHI ET LES VOIX DE BILL MURRAY, SCARLETT JOHANSSON, IDRIS ELBA. 1H45. SORTIE: 13/04.

Classique inoxydable de la littérature pour la jeunesse, Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling a connu de nombreuses adaptations cinématographiques, les plus fameuses restant celles que signait Zoltan Korda en 1942, fantasmagorie en technicolor dans la grande tradition des films d'aventures exotiques de l'époque, et celle de Wolfgang Reitherman en 1967, merveille d'une animation Disney alors à son sommet. Si elle n'a ni la poésie de la première ni la fantaisie de la seconde, la version qu'en propose aujourd'hui Jon Favreau n'est pas dénuée d'intérêt pour autant, opérant en quelque sorte la synthèse des deux précédentes. Venant après le Alice in Wonderland de Tim Burton et autres Maleficent de Robert Stromberg ou Cendrillon de Kenneth Branagh, le film s'inscrit dans cette tendance lourde qui a vu récemment les studios Disney recycler leurs chefs-d'oeuvre animés en prises de vue réelles, avec un inégal bonheur, faut-il le préciser. Une politique dont le réalisateur d'Iron Man a su pour sa part tirer son parti, ce Jungle Book affichant un profil hybride, renvoyant éloquemment au film de Reitherman qu'il pimente de grand spectacle, tout en adoptant l'architecture d'un blockbuster on ne peut plus contemporain. Soit donc l'histoire de Mowgli (Neel Sethi), petit d'homme élevé dans une jungle de synthèse au sein d'une famille de loups. Et qui, le tigre Shere Khan se montrant toujours plus menaçant, va devoir quitter le seul foyer qu'il ait jamais connu pour entreprendre un voyage initiatique de tous les dangers sous la houlette de la panthère Bagheera, bientôt rejointe par l'ours Baloo. La suite consistant en rencontres insolites et en aventures, drôles ou inquiétantes, alignées comme à la parade. Surfant sur la nostalgie comme sur l'air du temps hollywoodien, The Jungle Book laisse un sentiment ambivalent. Jon Favreau ne fait pas l'économie d'une 3D inutile ni d'un final pachydermique, revisitant à grand renfort de pyrotechnie la panacée qu'est devenue le combat entre le bien et le mal. Cela posé, le film fait un usage plutôt avisé de ses (très) nombreux effets spéciaux. Venue donner vie et réalisme au peuple de la jungle, la motion capture se révèle ainsi concluante. Quant au ballet des animaux parlants, que l'on redoutait kitschissime, il s'avère à l'autopsie éminemment savoureux, par la grâce de dialogues choisis et d'un casting d'enfer où la suavité de Scarlett Johansson (Kaa) fait des ravages, au même titre que l'abattage d'un Bill Murray, impérial en Baloo. Lorsque, citation limpide du film de 1967, ce dernier se met à siffloter Bare Necessities, c'est toute la magie de cette histoire immortelle qui rejaillit, en quelque poussée de Jungle Fever...