Dalibor Matanic change de date et de personnages mais conserve le même lieu, et les mêmes comédiens. Ces derniers interprétant, selon les épisodes, des rôles de Croates ou de Serbes... The High Sun (Soleil de plomb est le beau titre français) adopte une structure originale, et un processus créatif soulignant intelligemment l'absurdité d'un conflit entre peuples vivant en plutôt bon voisinage jusqu'à l'explosion de la Yougoslavie. La preuve avec ces histoires d'amours mixtes que chante le film, la première condamnée par la haine et les armes qu'on fourbit, la deuxième portant le traumatisme de la guerre au milieu des ruines qu'elle a laissées, la troisième fragilement optimiste pour un avenir meilleur.

Prix du Jury dans la section Un Certain Regard au festival de Cannes, l'oeuvre est d'autant plus forte qu'elle situe son action à chaque fois dans la lumière souveraine d'un été porteur d'espoir. La réalisation est très maîtrisée, l'image d'une beauté sensuelle utilisant le moindre grain de poussière pris dans un rai de lumière pour exalter le frémissement du désir, du sentiment qui se cristallise mais que menacent sans relâche les nuages invisibles du deuil et du ressentiment. Les acteurs, tous excellents et vrais, portent le propos pertinent d'un film croate âpre et déchirant, mais réconciliateur. Ils portent aussi son émotion très particulière, qui reste et vibre en nous bien après le générique final.

DE DALIBOR MATANIC. AVEC TIHANA LAZOVIC, GORAN MARKOVIC, NIVES IVANKOVIC. 2H03. SORTIE: 30/03.

Dalibor Matanic change de date et de personnages mais conserve le même lieu, et les mêmes comédiens. Ces derniers interprétant, selon les épisodes, des rôles de Croates ou de Serbes... The High Sun (Soleil de plomb est le beau titre français) adopte une structure originale, et un processus créatif soulignant intelligemment l'absurdité d'un conflit entre peuples vivant en plutôt bon voisinage jusqu'à l'explosion de la Yougoslavie. La preuve avec ces histoires d'amours mixtes que chante le film, la première condamnée par la haine et les armes qu'on fourbit, la deuxième portant le traumatisme de la guerre au milieu des ruines qu'elle a laissées, la troisième fragilement optimiste pour un avenir meilleur. Prix du Jury dans la section Un Certain Regard au festival de Cannes, l'oeuvre est d'autant plus forte qu'elle situe son action à chaque fois dans la lumière souveraine d'un été porteur d'espoir. La réalisation est très maîtrisée, l'image d'une beauté sensuelle utilisant le moindre grain de poussière pris dans un rai de lumière pour exalter le frémissement du désir, du sentiment qui se cristallise mais que menacent sans relâche les nuages invisibles du deuil et du ressentiment. Les acteurs, tous excellents et vrais, portent le propos pertinent d'un film croate âpre et déchirant, mais réconciliateur. Ils portent aussi son émotion très particulière, qui reste et vibre en nous bien après le générique final.