C'est l'histoire de Moondog (Matthew McConaughey), poète à succès reconverti glandeur à plein temps, menant dans les Keys une existence hédoniste placée sous le signe de la sainte trinité booze-beuh-baise. Le tout aux frais de sa femme Minnie (Isla Fischer), restée à Miami et préférant fermer les yeux en bonne compagnie -Snoop Dogg, rebaptisé Lingerie pour le coup, et grand pourvoyeur de plaisirs divers. Moment où un coup du destin vient malmener cet ordinaire embrumé...

De prime abord, l'on croit avoir à faire à quelque Big Lebowski floridien, à moins qu'il ne s'agisse d'un cousin du Doc Sportello de Inherent Vice. The Beach Bum n'a toutefois ni la drôlerie du film des frères Coen, ni la portée acide de celui de Paul Thomas Anderson. Et la comédie, passée une exposition paresseuse, se borne à tourner mollement, mer d'ennui sporadiquement striée d'un éclair -les apparitions de Jonah Hill en agent fatigué, par exemple, ou un détour par Just Like Heaven, de The Cure-, le tout lumineusement emballé par la photographie de Benoit Debie. Soit, à l'instar de Spring Breakers, le précédent opus de Harmony Korine, un film en prise sur la vacuité et le néant, au risque toutefois de s'y vautrer. Si l'on verra dans le feu d'artifice final une critique du matérialisme à tout crin, cette apologie goguenarde du rien à foutre n'est guère éloignée du grand n'importe quoi, sauf à considérer le cabotinage outrancier de McConaughey comme le fin du fin...

De Harmony Korine. Avec Matthew McConaughey, Snoop Dogg, Isla Fischer. 1h35. Sortie: 31/07. *(*)