D'Incendies en Prisoners, Denis Villeneuve est passé maître dans l'exploration de zones sensibles en y ajoutant la manière, âpre et intense. Qualités que l'on retrouve aujourd'hui dans Sicario, thriller d'un noir d'encre se déroulant à la frontière américano-mexicaine, un territoire de non-droit à la merci des cartels de la drogue. C'est dans ce contexte miné qu'évolue Kate Macer (Emily Blunt), agent idéaliste du FBI, enrôlée au sein d'un groupe d'intervention du gouvernement américain engagé dans une "war on drugs" impitoyable. Et se voyant bientôt associée au sardonique commandant Matt Graver (Josh Brolin) et à son énigmatique consultant, Alejandro (Benicio Del Toro) dans une opération clandestine qui aura le don de mettre à mal ses convictions, dès lors que la fin, bien souvent, justifie les moyens...

Il est beaucoup question de frontières dans Sicario: celle, géographique, qui offre son cadre au film, mais encore celles de la légalité et, tant qu'à faire, celle, plus ténue que jamais, entre le bien et le mal. Investissant cette zone grise, Villeneuve signe un thriller sous haute tension, ne relâchant jamais son étreinte les deux heures de cette traque. Au-delà des questions qu'il soulève, ce polar brille par sa réalisation, sèche et fulgurante, magnifiée par la photographie de Roger Deakins. Soit un film de genre bluffant -la scène de l'autoroute est un morceau d'anthologie- et malin, citant aussi bien le Traffic de Steven Soderbergh que le Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, rapprochement d'autant plus inévitable que le personnage d'Emily Blunt rappelle celui de Jessica Chastain; le tout, servi à point, et relevé de ce qu'il faut d'ambiguïté par la paire Del Toro-Brolin... Ebouriffant.

DE DENIS VILLENEUVE. AVEC BENICIO DEL TORO, EMILY BLUNT, JOSH BROLIN. 2H02. SORTIE: 14/10.

D'Incendies en Prisoners, Denis Villeneuve est passé maître dans l'exploration de zones sensibles en y ajoutant la manière, âpre et intense. Qualités que l'on retrouve aujourd'hui dans Sicario, thriller d'un noir d'encre se déroulant à la frontière américano-mexicaine, un territoire de non-droit à la merci des cartels de la drogue. C'est dans ce contexte miné qu'évolue Kate Macer (Emily Blunt), agent idéaliste du FBI, enrôlée au sein d'un groupe d'intervention du gouvernement américain engagé dans une "war on drugs" impitoyable. Et se voyant bientôt associée au sardonique commandant Matt Graver (Josh Brolin) et à son énigmatique consultant, Alejandro (Benicio Del Toro) dans une opération clandestine qui aura le don de mettre à mal ses convictions, dès lors que la fin, bien souvent, justifie les moyens... Il est beaucoup question de frontières dans Sicario: celle, géographique, qui offre son cadre au film, mais encore celles de la légalité et, tant qu'à faire, celle, plus ténue que jamais, entre le bien et le mal. Investissant cette zone grise, Villeneuve signe un thriller sous haute tension, ne relâchant jamais son étreinte les deux heures de cette traque. Au-delà des questions qu'il soulève, ce polar brille par sa réalisation, sèche et fulgurante, magnifiée par la photographie de Roger Deakins. Soit un film de genre bluffant -la scène de l'autoroute est un morceau d'anthologie- et malin, citant aussi bien le Traffic de Steven Soderbergh que le Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, rapprochement d'autant plus inévitable que le personnage d'Emily Blunt rappelle celui de Jessica Chastain; le tout, servi à point, et relevé de ce qu'il faut d'ambiguïté par la paire Del Toro-Brolin... Ebouriffant.