Multi-primé dans les festivals internationaux, de South by Southwest à Locarno en passant par Gand, et encensé par la critique US, le film s'intéresse au quotidien d'un foyer pour adolescents en difficulté, où une poignée de formateurs en crise et autres pensionnaires peu gâtés par l'existence tentent tant bien que mal de relever la tête. Mais que nous dit Short Term 12, au fond, entre deux louchées d'émotion tire-larmes mâtinée d'humour bienveillant? Que ce sont les travailleurs sociaux sur le terrain qui comprennent et aident les gamins à problèmes, pas les thérapeutes dans leur bureau, ces insensibles universitaires diplômés qui ne comprennent rien à la vie. Ou encore que les enfants battus, abusés ou suicidaires sont tous invariablement de formidables artistes méconnus. Et tant pis pour la nuance, donc, sans même parler de l'hypothétique crédibilité de l'entreprise. Le tout porté, comme il se doit, par un filmage hoquetant caméra à l'épaule, une musique indie tristoune et des acteurs tout droit sortis d'une pub United Colors of Benetton. Il y a en outre quelque chose de profondément agaçant, et même de tout à fait complaisant, dans ces personnages tellement sensibles, drôles et cools à la fois, même -et surtout- dans les épreuves les plus amères que leur réalité torturée leur réserve. Du cinéma social pour hipsters, en somme.

  • DE DESTIN CRETTON. AVEC BRIE LARSON, JOHN GALLAGHER JR. 1H36. SORTIE: 19/02.

(1) voir Not Another Sundance Movie ici.

Multi-primé dans les festivals internationaux, de South by Southwest à Locarno en passant par Gand, et encensé par la critique US, le film s'intéresse au quotidien d'un foyer pour adolescents en difficulté, où une poignée de formateurs en crise et autres pensionnaires peu gâtés par l'existence tentent tant bien que mal de relever la tête. Mais que nous dit Short Term 12, au fond, entre deux louchées d'émotion tire-larmes mâtinée d'humour bienveillant? Que ce sont les travailleurs sociaux sur le terrain qui comprennent et aident les gamins à problèmes, pas les thérapeutes dans leur bureau, ces insensibles universitaires diplômés qui ne comprennent rien à la vie. Ou encore que les enfants battus, abusés ou suicidaires sont tous invariablement de formidables artistes méconnus. Et tant pis pour la nuance, donc, sans même parler de l'hypothétique crédibilité de l'entreprise. Le tout porté, comme il se doit, par un filmage hoquetant caméra à l'épaule, une musique indie tristoune et des acteurs tout droit sortis d'une pub United Colors of Benetton. Il y a en outre quelque chose de profondément agaçant, et même de tout à fait complaisant, dans ces personnages tellement sensibles, drôles et cools à la fois, même -et surtout- dans les épreuves les plus amères que leur réalité torturée leur réserve. Du cinéma social pour hipsters, en somme.(1) voir Not Another Sundance Movie ici.