Vaincu en combat singulier, l'ex-mentor de Rauni Reposaarelainen se doit de commettre ce que les Occidentaux nomment à tort hara-kiri. Le seppuku, terme authentique de cette forme japonaise très codifiée de suicide pour déshonneur, consiste donc à s'éventrer soi-même avec une lame, avant qu'un assistant ne vous décapite au sabre pour abréger vos souffrances. Dans le cas de Mauno Kalevi Mannola, l'éventrement se fera au... vilebrequin, et le coup de grâce à l'aide d'une... scie! Une image parmi d'autres presque aussi cruelles, mais la plus exemplaire d'une démarche alliant violence et burlesque avec un rare éclat. Nous sommes dans l'univers de Mika Rättö, réalisateur-scénariste-décorateur-sonorisateur-musicien et principal interprète de Samurai Rauni.

C'est l'histoire d'un Finlandais barbu qui se prend pour un samouraï, et qui met à feu et à sang un coin reculé du pays où cultures locale et japonaise importée composent un syncrétisme aussi bizarre qu'inattendu. À la tête d'une bande de gars et de filles dépenaillés, tout à sa dévotion, l'exubérant Rauni pille, tue et viole, puis festoie et reprend vite massacres, rapines et abus de toutes sortes...

Équipée sauvage

Impressionnant devant la caméra, inspiré derrière, Mika Rättö nous propose un spectacle tenant plus des Monty Python de Holy Grail et de l'Alexeï Guerman d'Il est difficile d'être un dieu que des classiques de Kurosawa et des maîtres du chambara (films de sabre japonais). Il prend pour prétexte la mise à prix de la tête de Rauni pour lancer ce dernier dans un trip destructeur et vengeur, où l'horreur le dispute au pittoresque et à l'humour assassin. Une équipée sauvage traversant des paysages superbes, des décors au baroque surchargé, à la découverte de personnages hauts en couleur mais vite expédiés ad patres par un "samouraï" tuant à mains nues quand une arme n'est pas à sa portée. Le film esquisse une réflexion sur le mal, sur les rapports entre nature et culture, sauvagerie et raffinement. Son anti-héros méchant et délirant jaillit d'une marge qui fait peur aux possédants, aux tenants de l'ordre et de la morale bien-pensante. Voilà pour la touche politique, à ne pas ignorer devant un spectacle aux accents brutaux mais d'une facture soignée.

Signalons bruyamment que Samurai Rauni sera projeté dans le cadre d'un programme aux petits oignons comme seule (ou presque) en propose la joyeuse équipe du cinéma Nova. Une sélection de films de samouraïs pas du tout comme les autres, centrés sur des "samouraïs Gaijin", non-japonais. Avec entre autres un western spaghetti (Lo Straniero di silenzio) et une belle brochette de nanars plus jouissifs les uns que les autres. Au second degré? Non peut-être!

De Mika Rättö. Avec Mika Rättö, Harri Sippola, Juha Hurme. 1h20. Sortie: 21/09. ***(*)

Vaincu en combat singulier, l'ex-mentor de Rauni Reposaarelainen se doit de commettre ce que les Occidentaux nomment à tort hara-kiri. Le seppuku, terme authentique de cette forme japonaise très codifiée de suicide pour déshonneur, consiste donc à s'éventrer soi-même avec une lame, avant qu'un assistant ne vous décapite au sabre pour abréger vos souffrances. Dans le cas de Mauno Kalevi Mannola, l'éventrement se fera au... vilebrequin, et le coup de grâce à l'aide d'une... scie! Une image parmi d'autres presque aussi cruelles, mais la plus exemplaire d'une démarche alliant violence et burlesque avec un rare éclat. Nous sommes dans l'univers de Mika Rättö, réalisateur-scénariste-décorateur-sonorisateur-musicien et principal interprète de Samurai Rauni.C'est l'histoire d'un Finlandais barbu qui se prend pour un samouraï, et qui met à feu et à sang un coin reculé du pays où cultures locale et japonaise importée composent un syncrétisme aussi bizarre qu'inattendu. À la tête d'une bande de gars et de filles dépenaillés, tout à sa dévotion, l'exubérant Rauni pille, tue et viole, puis festoie et reprend vite massacres, rapines et abus de toutes sortes... Impressionnant devant la caméra, inspiré derrière, Mika Rättö nous propose un spectacle tenant plus des Monty Python de Holy Grail et de l'Alexeï Guerman d'Il est difficile d'être un dieu que des classiques de Kurosawa et des maîtres du chambara (films de sabre japonais). Il prend pour prétexte la mise à prix de la tête de Rauni pour lancer ce dernier dans un trip destructeur et vengeur, où l'horreur le dispute au pittoresque et à l'humour assassin. Une équipée sauvage traversant des paysages superbes, des décors au baroque surchargé, à la découverte de personnages hauts en couleur mais vite expédiés ad patres par un "samouraï" tuant à mains nues quand une arme n'est pas à sa portée. Le film esquisse une réflexion sur le mal, sur les rapports entre nature et culture, sauvagerie et raffinement. Son anti-héros méchant et délirant jaillit d'une marge qui fait peur aux possédants, aux tenants de l'ordre et de la morale bien-pensante. Voilà pour la touche politique, à ne pas ignorer devant un spectacle aux accents brutaux mais d'une facture soignée. Signalons bruyamment que Samurai Rauni sera projeté dans le cadre d'un programme aux petits oignons comme seule (ou presque) en propose la joyeuse équipe du cinéma Nova. Une sélection de films de samouraïs pas du tout comme les autres, centrés sur des "samouraïs Gaijin", non-japonais. Avec entre autres un western spaghetti (Lo Straniero di silenzio) et une belle brochette de nanars plus jouissifs les uns que les autres. Au second degré? Non peut-être!