Du sublime Fanny et Alexandre de Bergman au fulgurant Festen de Thomas Vinterberg en passant par le fascinant Théorème de Pasolini, la famille offre au cinéma un cadre privilégié, riche d'une dramaturgie au potentiel à la fois très codé et quasi infini. Antoine Cuypers y inscrit un Préjudice en tous points passionnant, un de ces premiers films qui annoncent d'emblée la naissance d'un cinéaste qui compte et comptera. Le jeune réalisateur belge, également coauteur du (brillant) scénario avec l'écrivain Antoine Wauters, nous invite au repas qu'organisent les parents de Cédric. La soeur de ce dernier arrive tout heureuse de pouvoir annoncer qu'elle attend un enfant. La famille se réjouit, mais Cédric ne semble pas partager l'enthousiasme général. Lui qui, à 30 ans et mentalement fragile, vit toujours avec ses parents, a son propre rêve, et souffre de ne pouvoir le réaliser. Il se sent victime d'un préjudice dont il va demander réparation... En même temps que les nuages s'amoncellent dans le ciel, menaçant le barbecue qu'a organisé le père (Arno), le climat général va virer au malaise, et les faux-semblants cesser de faire écran. Notamment pour une mère (Nathalie Baye) masquant sous une grandissante dureté la fatigue et l'usure d'une vie rendue difficile par un enfant différent. On vibre à ce spectacle qui nous regarde autant que nous le regardons, qui nous rive à l'écran, et dont la performance extraordinaire du jeune Thomas Blanchard est le coeur battant, déchirant.

D'ANTOINE CUYPERS. AVEC NATHALIE BAYE, ARNO, THOMAS BLANCHARD. 1H40. SORTIE: 07/10.

Dans le Focus du 2 octobre, l'interview de Nathalie Baye, sa filmographie en 4 César...

Du sublime Fanny et Alexandre de Bergman au fulgurant Festen de Thomas Vinterberg en passant par le fascinant Théorème de Pasolini, la famille offre au cinéma un cadre privilégié, riche d'une dramaturgie au potentiel à la fois très codé et quasi infini. Antoine Cuypers y inscrit un Préjudice en tous points passionnant, un de ces premiers films qui annoncent d'emblée la naissance d'un cinéaste qui compte et comptera. Le jeune réalisateur belge, également coauteur du (brillant) scénario avec l'écrivain Antoine Wauters, nous invite au repas qu'organisent les parents de Cédric. La soeur de ce dernier arrive tout heureuse de pouvoir annoncer qu'elle attend un enfant. La famille se réjouit, mais Cédric ne semble pas partager l'enthousiasme général. Lui qui, à 30 ans et mentalement fragile, vit toujours avec ses parents, a son propre rêve, et souffre de ne pouvoir le réaliser. Il se sent victime d'un préjudice dont il va demander réparation... En même temps que les nuages s'amoncellent dans le ciel, menaçant le barbecue qu'a organisé le père (Arno), le climat général va virer au malaise, et les faux-semblants cesser de faire écran. Notamment pour une mère (Nathalie Baye) masquant sous une grandissante dureté la fatigue et l'usure d'une vie rendue difficile par un enfant différent. On vibre à ce spectacle qui nous regarde autant que nous le regardons, qui nous rive à l'écran, et dont la performance extraordinaire du jeune Thomas Blanchard est le coeur battant, déchirant.