Alger, dans les années 90. Alors que le fondamentalisme islamiste n'en finit plus d'étendre son emprise sur la société et que la radio bruit de l'écho répété d'attentats, Nedjma (Lyna Khoudri), une étudiante rêvant de devenir styliste, refuse de céder à la fatalité. Et de vivre sa vie dans une relative insouciance, sortant en catimini avec son amie W...

Alger, dans les années 90. Alors que le fondamentalisme islamiste n'en finit plus d'étendre son emprise sur la société et que la radio bruit de l'écho répété d'attentats, Nedjma (Lyna Khoudri), une étudiante rêvant de devenir styliste, refuse de céder à la fatalité. Et de vivre sa vie dans une relative insouciance, sortant en catimini avec son amie Wassila (Shirine Boutella) dans les boîtes de nuit pour y vendre ses créations aux "papichas", les jolies jeunes filles algéroises. La situation ne cessant objectivement de se dégrader, et les manifestations d'intolérance comme les actes terroristes de se multiplier jusqu'au coeur de la cité universitaire, la jeune fille décide d'organiser un défilé de mode, bravant les menaces pour célébrer le haïk et la beauté des femmes contre le hijab que certain(e)s voudraient imposer, en un acte de résistance symbolique ultime... Première incursion de la documentariste Mounia Meddour dans le domaine de la fiction, Papicha est une oeuvre en partie autobiographique. Née à la fin des années 70, la réalisatrice a grandi en Algérie, quittant le pays avec sa famille à l'âge de 17 ans suite à la montée de l'intégrisme. Inspiré de ses souvenirs de ce que l'on a appelé la "décennie noire", son film n'évite pas toujours un penchant par trop démonstratif ni un certain manichéisme. Travers que compensent largement la pertinence et la nécessité du propos, comme la fougue avec laquelle est porté ce combat pour la liberté et l'émancipation féminine. Un élan que la cinéaste filme au plus près de ses comédiennes -qui sont tout simplement épatantes-, comme pour mieux en restituer l'irrésistible énergie. Fort.