Se substituant à Michel Hazanavicius, pas intéressé par le projet, à la réalisation de ce troisième volet de la saga parodique, Nicolas Bedos se fait plaisir dès le générique d'ouverture qui convoque avec énormément de malice l'esthétique savoureusement kitsch des James Bond des années 80.
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Se substituant à Michel Hazanavicius, pas intéressé par le projet, à la réalisation de ce troisième volet de la saga parodique, Nicolas Bedos se fait plaisir dès le générique d'ouverture qui convoque avec énormément de malice l'esthétique savoureusement kitsch des James Bond des années 80. Devant la caméra, Jean Dujardin reprend évidemment du service dans le costume d'OSS 117, héros gentiment vieillissant que l'implacable marche du temps menace peu à peu de rattraper. En grand fan de Giscard s'accrochant plus que jamais à ses valeurs vieille France, il enquille quelques répliques antimodernes déjà appelées à devenir cultes avant qu'une nouvelle mission délicate l'envoie sur le continent africain où il est contraint de faire équipe avec un jeune collègue furieusement dans le coup, incarné par Pierre Niney. Là, le film montre quelques signes notables d'essoufflement. Les gags de rivalité entre les deux hommes patinent, en effet, tandis que les dialogues multiplient les allusions homoérotiques assez téléphonées destinées à faire de la masculinité en crise un improbable nouveau motif de la franchise -abruptement congédié, cependant, par la fin du film... C'est toute l'ambivalence (l'hypocrisie?) de ce divertissement schizophrène qui n'assume plus tout à fait son ADN tapageusement beauf et sacrifie par endroits à la bien-pensance de l'époque en dépit de toute cohérence.