Réalisé pour Apple TV, mais bénéficiant d'une exposition limitée sur grand écran(1), On the Rocks consacre, cinq ans après A Very Murray Christmas et 17 ans déjà après Lost in Translation, les retrouvailles entre Sofia Coppola et Bill Murray. La réalisatrice y délaisse la côte Ouest des Somewhere et autre The Bling Ring, pour New York, cadre choisi d'une comédie aussi léchée qu'aimablement superficielle. Soit l'histoire de Laura (Rashida Jones) et Dean (Marlon Wayans), jeune couple avec deux adorables fillettes; elle, écrivain en panne...

Réalisé pour Apple TV, mais bénéficiant d'une exposition limitée sur grand écran(1), On the Rocks consacre, cinq ans après A Very Murray Christmas et 17 ans déjà après Lost in Translation, les retrouvailles entre Sofia Coppola et Bill Murray. La réalisatrice y délaisse la côte Ouest des Somewhere et autre The Bling Ring, pour New York, cadre choisi d'une comédie aussi léchée qu'aimablement superficielle. Soit l'histoire de Laura (Rashida Jones) et Dean (Marlon Wayans), jeune couple avec deux adorables fillettes; elle, écrivain en panne d'inspiration, lui le plus souvent absent, accaparé full time et plus encore par ses activités professionnelles en pleine expansion. Si bien qu'elle en vient à le soupçonner, un soir où il lui paraît singulièrement distant, d'avoir une liaison avec l'une de ses collègues -et pourquoi pas la ravissante Fiona (Jessica Henwick), entrevue lors d'un cocktail? Et de s'en ouvrir bientôt à son père Felix (Bill Murray), négociant en art qui, il est vrai, en connaît un bout sur la question, séducteur devant l'éternel ayant troqué, le temps aidant, ses habits de mari volage pour ceux de coureur impénitent, même si blanchi sous le harnais. Lequel va s'employer à tirer l'affaire au clair, ou plutôt s'empresser de renforcer le doute dans l'esprit de sa fille tandis qu'ils arpentent New York de bars au confort feutré en intérieurs cossus au rythme de ses élucubrations. Dean, de son côté, ne fait rien pour rassurer une Laura dont les maigres certitudes s'étiolent.Décor new-yorkais oblige, impossible de ne pas se demander ce que semblable scénario aurait pu inspirer à Woody Allen. À défaut du piquant et des réflexions existentielles que ce dernier n'aurait pas manqué d'y injecter (encore que Felix ne manque pas une occasion de glisser l'un ou l'autre échantillon de sa philosophie de "womanizer" hédoniste), l'impression qui prévaut ici est surtout celle d'une balade certes plaisante mais non moins inconsistante. Un film curieusement déconnecté aussi, comme peut l'être parfois le cinéma de Sofia Coppola. Si bien que l'intérêt, n'étaient quelques éclairs sporadiques, réside quasi exclusivement dans l'omniprésence de Bill Murray, le comédien se montrant irrésistible sous les traits de cet homme dont l'aplomb ne suffit pas à masquer la poussée de mélancolie -perdu, non "in translation" mais dans sa vaine poursuite du temps. Et ce On the Rocks de s'ériger, à défaut d'autre chose, en Bill Murray show, ce qui est peu et beaucoup à la fois.(1) Sorti en exclusivité au Palace, à Bruxelles, le film sera disponible sur la plateforme Apple TV à partir du 23/10.