De Nuestras Madres, son premier long métrage de fiction, le réalisateur belgo-guatémaltèque César Díaz (lire aussi son portrait) se plaît à raconter que, du plateau de tournage à la salle de montage, le film a rejeté les uns après les autres tous les artifices mis en place par l'équipe technique pour tendre, de très organique façon, vers une ascèse naturaliste d'une absolue sincérité. Comme une greffe qui ne prendrait pas sur un corps parce qu'elle n'est pas raccord avec sa nature profonde. Soit une évocation subtile des exactions militaires commises durant la guerre civile au Guatemala à travers l'enquête menée par un jeune anthropologue tentant de retrouver la trace de son père disparu. Exemplaires, la retenue et la sobriété du film jouent en sa faveur, conférant à ce modeste objet de cinéma résonnant de l'intime à l'universel une justesse de ton et de regard qui en fait tout le prix. Émergeant tardivement du silence, quelques notes minimales d'un thème musical joué au piano suffisent ainsi par exemple à libérer une émotion vraie et durable, loin des standards kleenex du tout-venant mélodramatique. Un premier film porteur de sens, et de belles promesses de cinéma.

De César Díaz. Avec Armando Espitia, Emma Dib, Aurelia Caal. 1h18. Sortie: 13/11. ***(*)