Star tous terrains, de la série des Ocean à la saga Iron Man, en passant par Crash et autre Hotel Rwanda, Don Cheadle s'attèle, pour son passage à la mise en scène, à une entreprise ambitieuse, puisqu'il signe un portrait du musicien Miles Davis, légende du jazz qu'il ne laisse par ailleurs à nul autre le soin d'interpréter. La bonne idée de l'acteur, également coscénariste, est de n'avoir pas opté pour un biopic classique qui se serait borné à aligner des péripéties sans plus de point de vue que d'intérêt. La vie du génial auteur de Kind of Blue, il l'embrasse à la manière d'une impro jazzy, dont les premières notes s'égrènent dans la seconde moitié des années 70, alors que le musicien a disparu de la circulation, en proie à une crise d'inspiration le livrant à ses démons et autres fantômes du passé. Moment où Dave Brill (Ewan McGregor), un journaliste à Rolling Stone, débarque dans sa vie, bien décidé à écrire l'article définitif à son sujet. Davis ne l'entend cependant pas de cette oreille et le lui fait comprendre de façon musclée, avant de se raviser et d'entreprendre de se servir du gaillard. Et le duo d'embarquer pour des aventures rocambolesques, dont l'enjeu va bien au-delà des enregistrements inédits sur lesquels il va tenter de remettre la main...

Miles Ahead est un essai étonnant, suivant une trame de film de gangsters un brin bancal et caricatural en surface, comme pour mieux révéler Davis à la faveur des nombreux flash-back qui l'émaillent. Cheadle, par ailleurs ultra convaincant dans le rôle-titre, s'y concentre tout particulièrement sur le mariage du trompettiste avec la danseuse Frances Taylor (Emayatzy Corinealdi), période aussi faste sur le plan personnel et créatif -avec notamment Sketches of Spain ou Someday My Prince Will Come- que douloureusement éphémère. Jonglant avec le temps et osant des fugues improbables, le film parvient à cerner la personnalité complexe et contradictoire de Davis, funambule de l'abîme, sinon à toujours traduire son génie. Qu'à cela ne tienne, la musique est là, souveraine, qui s'en charge éloquemment.

DE ET AVEC DON CHEADLE. AVEC EWAN MCGREGOR, EMAYATZY CORINEALDI. 1H40. SORTIE: 25/05.

Dans le Focus du 20 mai 2016, notre interview de Don Cheadle, 4 vies de jazz au cinéma, le portrait de Miles Davis...

Star tous terrains, de la série des Ocean à la saga Iron Man, en passant par Crash et autre Hotel Rwanda, Don Cheadle s'attèle, pour son passage à la mise en scène, à une entreprise ambitieuse, puisqu'il signe un portrait du musicien Miles Davis, légende du jazz qu'il ne laisse par ailleurs à nul autre le soin d'interpréter. La bonne idée de l'acteur, également coscénariste, est de n'avoir pas opté pour un biopic classique qui se serait borné à aligner des péripéties sans plus de point de vue que d'intérêt. La vie du génial auteur de Kind of Blue, il l'embrasse à la manière d'une impro jazzy, dont les premières notes s'égrènent dans la seconde moitié des années 70, alors que le musicien a disparu de la circulation, en proie à une crise d'inspiration le livrant à ses démons et autres fantômes du passé. Moment où Dave Brill (Ewan McGregor), un journaliste à Rolling Stone, débarque dans sa vie, bien décidé à écrire l'article définitif à son sujet. Davis ne l'entend cependant pas de cette oreille et le lui fait comprendre de façon musclée, avant de se raviser et d'entreprendre de se servir du gaillard. Et le duo d'embarquer pour des aventures rocambolesques, dont l'enjeu va bien au-delà des enregistrements inédits sur lesquels il va tenter de remettre la main... Miles Ahead est un essai étonnant, suivant une trame de film de gangsters un brin bancal et caricatural en surface, comme pour mieux révéler Davis à la faveur des nombreux flash-back qui l'émaillent. Cheadle, par ailleurs ultra convaincant dans le rôle-titre, s'y concentre tout particulièrement sur le mariage du trompettiste avec la danseuse Frances Taylor (Emayatzy Corinealdi), période aussi faste sur le plan personnel et créatif -avec notamment Sketches of Spain ou Someday My Prince Will Come- que douloureusement éphémère. Jonglant avec le temps et osant des fugues improbables, le film parvient à cerner la personnalité complexe et contradictoire de Davis, funambule de l'abîme, sinon à toujours traduire son génie. Qu'à cela ne tienne, la musique est là, souveraine, qui s'en charge éloquemment.