Dix ans après Alyah, son premier long, où il accompagnait un dealer (Pio Marmaï, déjà) dans les rues parisiennes, Élie Wajeman renoue avec le polar dans Médecin de nuit. Au coeur du film, Mikaël (Vincent Macaigne), un médecin dévoué tant à ses patients de quartiers difficiles, au chevet desquels il est appelé à toute heure, qu'aux toxicomane...

Dix ans après Alyah, son premier long, où il accompagnait un dealer (Pio Marmaï, déjà) dans les rues parisiennes, Élie Wajeman renoue avec le polar dans Médecin de nuit. Au coeur du film, Mikaël (Vincent Macaigne), un médecin dévoué tant à ses patients de quartiers difficiles, au chevet desquels il est appelé à toute heure, qu'aux toxicomanes, qu'il accueille dans sa voiture défraîchie pour leur fournir des prescriptions -" c'est politique", dira-t-il à l'inspectrice des services de la santé le menaçant d'une enquête. Un type bien, guidé par des principes, mais qui, tiraillé entre sa femme Sacha (Sarah Le Picard) et sa maîtresse Sofia (Sara Giraudeau), un boulot qui l'accapare non-stop et un trafic d'ordonnances de Subutex dans lequel l'a entraîné son cousin pharmacien Dimitri (Pio Marmaï) pour nouer les deux bouts, mène une existence sur le fil du rasoir, flirtant plus que de raison avec le chaos... Porté par une mise en scène nerveuse, Médecin de nuit suit Mikaël l'espace de quelques heures dans ses pérégrinations parisiennes. Pour glisser insensiblement de la chronique sociale d'une appréciable justesse au polar ascendant film noir, révélant, dans ses atmosphères nocturnes, un monde interlope qui semble devoir inexorablement aspirer son personnage. Un motif familier et singulier à la fois, pour un film sec et ramassé, auquel Elie Wajeman insuffle une intensité peu banale. Non sans s'appuyer sur une interprétation de choix, Vincent Macaigne confirmant être à l'aise dans tous les registres, et signant pour le coup une composition à l'arrache sans y sacrifier son humanité. Fort.