Ma vie avec John F. Donovan, son essai américain, étant resté inédit sous nos latitudes, voilà quelque temps que l'on était sans nouvelles de Xavier Dolan, auteur de huit longs métrages à 30 ans à peine. Un réalisateur capable du meilleur (Mommy) comme du pire (Juste la fin du monde). Film mineur, Matthias et Maxime voit le jeune prodige ...

Ma vie avec John F. Donovan, son essai américain, étant resté inédit sous nos latitudes, voilà quelque temps que l'on était sans nouvelles de Xavier Dolan, auteur de huit longs métrages à 30 ans à peine. Un réalisateur capable du meilleur (Mommy) comme du pire (Juste la fin du monde). Film mineur, Matthias et Maxime voit le jeune prodige québécois renouer avec la veine la plus hystérique de son cinéma, alors qu'il entreprend d'ausculter la valse des sentiments entre deux amis d'enfance. Et de convier les spectateurs à une réunion de potes, s'étant connus au lycée pour la plupart, et rassemblés pour le week-end dans un chalet. Moment où la soeur de l'un d'eux demande à Matthias (Gabriel D'Almeida Freitas) et Maxime (Xavier Dolan lui-même) s'ils accepteraient de jouer dans son court métrage. Et les deux compères de s'exécuter, s'embrassant bientôt pour les besoins du film avec à la clé un soupçon de trouble auquel ils ne prêtent guère attention, mais qui les accompagne alors qu'ils ont l'un et l'autre repris le fil de leur existence: Matthias auprès de sa compagne et dans l'exercice d'un boulot confortable, Maxime aux côtés de sa mère alcoolique et sur le point de s'envoler pour Melbourne... L'argument est ténu, Xavier Dolan en fait le nerf exclusif d'un opus épousant bientôt le flux des valses hésitations de ses deux protagonistes. Tout en esquissant comme un portrait générationnel qui, assaisonné des tics et postures habituels de l'auteur, tourne cependant rapidement à vide, valant surtout par ses scènes de transition pour s'avérer, en définitive, quelconque tout au plus...