Après les bocages normands de Gemma Bovery, c'est dans la rigueur de l'hiver polonais, en 1945, que s'inscrit Les Innocentes, le nouveau film d'Anne Fontaine. Interne dans un dispensaire de la Croix-Rouge française, une jeune femme est appelée par une religieuse bénédictine dans un couvent où elle va découvrir, effarée, que plusieurs soeurs sont sur le point d'accoucher, après avoir été violées par des soldats soviétiques. Le drame qui s'ensuit est l'histoire d'une rencontre, celle de deux femmes -Lou de Laâge, solaire, et Agata Buzek, à l'éclat aussi troublant que singulier- que tout sépare a priori mais que les événements tragiques vont rapprocher par-delà les règles. L'on retrouve là l'un des motifs de prédilection de la cinéaste, celui de la transgression permettant de révéler les êtres, au coeur d'un film dont le classicisme est transcendé par une mise en scène épurée et la photographie lumineuse de Caroline Champetier, jusqu'à tendre à la grâce. Soit une oeuvre introspective alliant à la beauté la complexité des enjeux en dépit d'un agenda héroïque un brin forcé. Et un film à la résonance intemporelle, auquel Vincent Macaigne (lire son interview dans le Focus du 4 mars) apporte, par ailleurs, ce qu'il faut de décalage...

DE ANNE FONTAINE. AVEC LOU DE LAÂGE, AGATA BUZEK, VINCENT MACAIGNE. 1H50. SORTIE: 09/03.

Après les bocages normands de Gemma Bovery, c'est dans la rigueur de l'hiver polonais, en 1945, que s'inscrit Les Innocentes, le nouveau film d'Anne Fontaine. Interne dans un dispensaire de la Croix-Rouge française, une jeune femme est appelée par une religieuse bénédictine dans un couvent où elle va découvrir, effarée, que plusieurs soeurs sont sur le point d'accoucher, après avoir été violées par des soldats soviétiques. Le drame qui s'ensuit est l'histoire d'une rencontre, celle de deux femmes -Lou de Laâge, solaire, et Agata Buzek, à l'éclat aussi troublant que singulier- que tout sépare a priori mais que les événements tragiques vont rapprocher par-delà les règles. L'on retrouve là l'un des motifs de prédilection de la cinéaste, celui de la transgression permettant de révéler les êtres, au coeur d'un film dont le classicisme est transcendé par une mise en scène épurée et la photographie lumineuse de Caroline Champetier, jusqu'à tendre à la grâce. Soit une oeuvre introspective alliant à la beauté la complexité des enjeux en dépit d'un agenda héroïque un brin forcé. Et un film à la résonance intemporelle, auquel Vincent Macaigne (lire son interview dans le Focus du 4 mars) apporte, par ailleurs, ce qu'il faut de décalage...