Voici quelques années maintenant que Disney s'est transformé en entreprise de recyclage, le studio remettant ses impérissables classiques animés au goût du jour en les passant à la moulinette du "live action". Après Cendrillon, La Belle et la bête, Dumbo ou autre Le Livre de la jungle, déjà réalisé par le même Jon Favreau, c'est aujourd'hui autour du Roi Lion de subir semblable lifting, même s'il n'est pas ...

Voici quelques années maintenant que Disney s'est transformé en entreprise de recyclage, le studio remettant ses impérissables classiques animés au goût du jour en les passant à la moulinette du "live action". Après Cendrillon, La Belle et la bête, Dumbo ou autre Le Livre de la jungle, déjà réalisé par le même Jon Favreau, c'est aujourd'hui autour du Roi Lion de subir semblable lifting, même s'il n'est pas question, pour le coup, de prises de vues réelles, le film consacrant le règne exclusif de la CGI. Vingt-cinq ans après, le remake reprend fidèlement la trame de l'original de Roger Allers et Rob Minkoff. À savoir, au coeur de la savane africaine, le destin de Simba, lionceau appelé à une royale destinée, lui que son père Mufasa, le souverain respecté de la Terre des Lions, prépare à sa succession. C'est sans compter toutefois sur les manoeuvres de Scar, son oncle retors et avide de pouvoir qui, s'alliant aux hyènes, va l'évincer du trône, plongeant le royaume dans la désolation. Et le jeune prince exilé d'être confronté à ses responsabilités... Difficile, à la découverte de The Lion King 2019, de ne pas s'interroger sur le bien-fondé de la démarche. Certes, le souffle du récit est intact, la magie aussi par endroit, encore que la CGI ait tendance à sacrifier l'émotion, l'emballage musical étant pour sa part conforme à celui de l'original, avec les classiques Be Prepared ou Hakuna Matata revisités et autre contribution de Beyoncé (qui prête sa voix à Nala); jusqu'à certaines scènes qui sont par ailleurs reproduites à l'identique. Mais si la maîtrise technique est incontestable, et que l'on s'en voudrait de ne point saluer la prestation de Seth Rogen, imparable en Pumbaa le phacochère, le film ne semble avoir d'autre objet que de cibler un nouveau public, présumé peu sensible sans doute au charme vintage de l'original. Autant dire qu'il n'y a là fondamentalement d'autre intérêt que de servir celui des actionnaires Disney...