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Un accident cardiaque ayant plongé leur père dans le coma, Eugenia (Bérénice Bejo) délaisse son exil parisien prolongé pour retrouver sa soeur Mia (Martina Gusman) et leur mère Esmeralda (Graciela Borges) dans la vaste propriété familiale des environs de Buenos Aires, La Quietud. Entre les deux soeurs, il y a une ressemblance saisissante, mais aussi une relation fusionnelle et plus encore -certes pas le seul élément troublant dans cette maisonnée huppée dont les circonstances vont bientôt déflorer les secrets les plus soigneusement enfouis. S'appuyant sur une mise en scène toute de virtuosité contenue, Pablo Trapero signe un drame intime sensuel et sinueux, une histoire d'amours, de jalousie et de ressentiment où s'invite encore, en filigrane, le lourd passé de l'Argentine. Le calme n'est ici que de façade, qui se lézarde au fil de la progression d'un récit louvoyant joliment, même si son équilibre tangue quelque peu dans une seconde partie multipliant les péripéties. Ce qui n'ôte guère à la teneur stimulante de l'ensemble, et moins encore à la qualité du numéro de duettistes de Martina Gusman et Bérénice Bejo, bluffantes.