Isabelle Huppert sait tout faire. Et se plaît à le démontrer, film après film, personnage après personnage, sans effort apparent et avec une crédibilité n'ayant d'égal que son immense talent. Son nouveau terrain de jeu est celui d'une comédie sociale allumée, où elle passe de l'emploi d'interprète à celui de... cheffe présumée d'un réseau...

Isabelle Huppert sait tout faire. Et se plaît à le démontrer, film après film, personnage après personnage, sans effort apparent et avec une crédibilité n'ayant d'égal que son immense talent. Son nouveau terrain de jeu est celui d'une comédie sociale allumée, où elle passe de l'emploi d'interprète à celui de... cheffe présumée d'un réseau de trafiquants de drogue. Tout commence quand Patience Portefeux, veuve, la cinquantaine, traductrice français-arabe pour le ministère de la Justice, est chargée par la brigade des stups de retranscrire des écoutes téléphoniques visant des dealers. S'apercevant qu'un des jeunes suspects n'est autre que le fils de l'aide-soignante de sa propre maman dans son home, Patience décide de le prévenir. Et quand lui et son complice, sur le point d'être coincés, abandonnent une cargaison de résine de cannabis, elle récupère le stock et entreprend de l'écouler, s'attirant dans le milieu et parmi les policiers le surnom de Daronne... De quiproquos savoureux en défis non moins régalants à la norme sociale, le film de Jean-Paul Salomé(1) s'offre en comédie amorale ou presque. Le comique de caractère et de situation s'y déploie de manière par endroits inspirée. Et quand le tissu de l'intrigue s'effiloche un peu, une Isabelle Huppert plus épatante que jamais compense tout manquement ou maladresse. Le brio de cette actrice intrépide ne cesse de susciter le plaisir en même temps que l'admiration. Il renverse aussi les clichés avec une force sans équivalent.(1) Adapté du roman de Hannelore Cayre, Grand Prix de littérature policière et Prix du Polar européen en 2017.