Critique

[critique ciné] King Richard (La Méthode Williams): un homme et son plan

© Chiabella James
Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

Will Smith campe Richard Williams, le père de Venus et Serena, dans un biopic classique aux allures de concentré de rêve américain.

Derrière le King Richard donnant son titre original au film de Reinaldo Marcus Green se cache non pas un quelconque monarque, mais bien Richard Williams, père de Venus et Serena Williams, championnes de tennis qu’il est inutile d’encore présenter. Un sacré personnage, comme il ressort de ce biopic classique déclinant leur enfance et leur adolescence en un concentré de rêve américain. Plutôt qu’un rêve, c’est un plan qu’avait Williams (Will Smith), échafaudé avant même la naissance des deux futures prodiges du tennis, et destiné, quand bien même il n’avait aucune expérience du sport, à faire d’elles des compétitrices hors norme.

Une biographie autorisée

Une méthode tenant dans les 78 pages d’un programme d’entraînement dont, soutenu par sa femme Oracene (Aunjanue Ellis), il ne dérogerait en aucune manière. Et d’emmener par tous les temps Venus (Saniyya Sidney) et Serena (Demi Singleton) s’entraîner sur le terrain public de Compton dans le van familial, leurs trois soeurs faisant office de ramasseuses de balles sous les quolibets des gangs du quartier, cognant à l’occasion le paternel. Pas de quoi entamer l’opiniâtreté du « daddy », tête de bois sur short trop ajusté, s’arrimant à ses convictions jusqu’à bientôt s’inviter, avec ses graines de championnes, sur le court où s’entraînaient Pete Sampras et John McEnroe, histoire d’impressionner leur coach, Paul Cohen (Tony Goldwyn) et de le convaincre de les prendre sous son aile (sous son oeil avisé, cela va sans dire). La suite épousera les contours d’une success story dont l’issue est connue, le tennis s’y faisant par ailleurs moteur d’une ascension sociale et d’affirmation de soi dans un contexte racial miné.

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Coproduit par les soeurs Williams, King Richard n’échappe pas au côté « biographie autorisée », enjolivant les faits et ne questionnant que fort mollement l’attitude d’un père certes visionnaire mais guère moins tyrannique, tout en ne se souciant en définitive que fort peu de l’avis de sa progéniture. La condition de la réussite à ses yeux, une solidarité familiale à toute épreuve achevant de lisser les contours du propos. Cela posé, le film de Reinaldo Marcus Green n’est dénué ni d’intérêt -ne serait-ce que par la personnalité de sa figure centrale- ni de souffle, dans sa dernière partie en particulier où les échanges sur les courts- un match opposant Aranxta Sánchez à Venus Williams notamment- font grimper l’adrénaline, ni même d’humour en diverses occasions. La qualité de l’interprétation fait le reste: si Saniyya Sidney et Demi Singleton sont les incontestables révélations du film, Will Smith apparaît à son affaire comme il ne l’avait plus été depuis longtemps. De quoi faire tomber la balle du bon côté du filet, jeu, set et match…

King Richard (La Méthode Williams)

Biopic. De Reinaldo Marcus Green. Avec Will Smith, Saniyya Sidney, Demi Singleton. 2h24. Sortie: 09/02. ***(*)

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