Yolande Moreau est magnifique dans le personnage de Monique, responsable d'une communauté Emmaüs près de Pau, dans les Pyrénées. Sa bienveillance naturelle fait merveille dans ce contexte particulier de solidarité active, d'ouverture aux différences et de marge vécue avec optimisme, loin de toute colère mais aussi de toute résignation. Jean Dujardin campe Jacques, le frère de Monique. Un homme qui débarque sans prévenir, en pantoufles et peignoir de bain, fuyant à pied sur le bas-côté de l'autoroute un hôtel-spa qu'il a quitté sans payer... Jacques est aussi égoïste que Monique est altruiste. Il ne pense qu'à l'argent et imagine pour s'en procurer beaucoup des stratégies insolites. Il va tenter d'entraîner les membres de la communauté dans sa dernière trouvaille: la chirurgie esthétique low cost... Deux conceptions du monde se confrontent dans I Feel Good, le nouveau film du joyeux tandem Kervern-Delépine. Elles le font plutôt aimablement, reflétant sur un mode tendre et burlesque les clivages de plus en plus aigus de notre société. Mêler le social et l'humour, le politique et l'humain, a toujours été le pari des duettistes grolandais ("Groland, je mourrirai pour toi!"). Cette fois, pourtant, la réussite n'est pas au rendez-vous comme elle pouvait l'être avec Louise-Michel, Mammouth ou Le Grand Soir. Le trait satirique semble émoussé, les bons sentiments prennent le pas sur le grinçant, le troublant. Comme si nos gaillards avaient voulu faire du Kaurismäki, sans en avoir la vibration intérieure...

De Benoît Delépine, Gustave Kervern. Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau, Jean-Benoît Ugeux. 1h43. Sortie: 26/09. ***

Yolande Moreau est magnifique dans le personnage de Monique, responsable d'une communauté Emmaüs près de Pau, dans les Pyrénées. Sa bienveillance naturelle fait merveille dans ce contexte particulier de solidarité active, d'ouverture aux différences et de marge vécue avec optimisme, loin de toute colère mais aussi de toute résignation. Jean Dujardin campe Jacques, le frère de Monique. Un homme qui débarque sans prévenir, en pantoufles et peignoir de bain, fuyant à pied sur le bas-côté de l'autoroute un hôtel-spa qu'il a quitté sans payer... Jacques est aussi égoïste que Monique est altruiste. Il ne pense qu'à l'argent et imagine pour s'en procurer beaucoup des stratégies insolites. Il va tenter d'entraîner les membres de la communauté dans sa dernière trouvaille: la chirurgie esthétique low cost... Deux conceptions du monde se confrontent dans I Feel Good, le nouveau film du joyeux tandem Kervern-Delépine. Elles le font plutôt aimablement, reflétant sur un mode tendre et burlesque les clivages de plus en plus aigus de notre société. Mêler le social et l'humour, le politique et l'humain, a toujours été le pari des duettistes grolandais ("Groland, je mourrirai pour toi!"). Cette fois, pourtant, la réussite n'est pas au rendez-vous comme elle pouvait l'être avec Louise-Michel, Mammouth ou Le Grand Soir. Le trait satirique semble émoussé, les bons sentiments prennent le pas sur le grinçant, le troublant. Comme si nos gaillards avaient voulu faire du Kaurismäki, sans en avoir la vibration intérieure...