Artiste aussi excentrique qu'aventureux, Peter Greenaway a vu son oeuvre vouée, insensiblement, à la confidentialité, sinon à l'indifférence. A tel point que son Eisenstein in Guanajuato est le premier de ses films à sortir sur nos écrans depuis des lustres, la participation belge à cette coproduction n'y étant sans doute pas étrangère. L'auteur y retrace le séjour de Sergueï Eisenstein (Elmer Bäck) au Mexique, où le réalisateur du Cuirassé Potemkine s'en alla tourner Que Viva Mexico! en 1931, un projet resté inachevé. Plus qu'au cinéaste au travail, c'est toutefois à l'homme, et à la révélation de son homosexualité, que s'intéresse le réalisateur britannique. Les dix jours enflammés qui devaient bouleverser la vie d'Eisenstein prennent, devant sa caméra, un tour exubérant. Traversé d'élans magistraux, empruntant notamment à la science du montage du maître soviétique, son film tend aussi au grotesque, un sentiment renforcé par le jeu outré d'Elmer Bäck, au service d'une vision baroque et extravagante.

DE PETER GREENAWAY. AVEC ELMER BÄCK, LUIS ALBERTI, MAYA ZAPATA. 1 H 45. SORTIE: 08/07.

Dans le Focus du 3 juillet, notre interview de Peter Greenaway.

Artiste aussi excentrique qu'aventureux, Peter Greenaway a vu son oeuvre vouée, insensiblement, à la confidentialité, sinon à l'indifférence. A tel point que son Eisenstein in Guanajuato est le premier de ses films à sortir sur nos écrans depuis des lustres, la participation belge à cette coproduction n'y étant sans doute pas étrangère. L'auteur y retrace le séjour de Sergueï Eisenstein (Elmer Bäck) au Mexique, où le réalisateur du Cuirassé Potemkine s'en alla tourner Que Viva Mexico! en 1931, un projet resté inachevé. Plus qu'au cinéaste au travail, c'est toutefois à l'homme, et à la révélation de son homosexualité, que s'intéresse le réalisateur britannique. Les dix jours enflammés qui devaient bouleverser la vie d'Eisenstein prennent, devant sa caméra, un tour exubérant. Traversé d'élans magistraux, empruntant notamment à la science du montage du maître soviétique, son film tend aussi au grotesque, un sentiment renforcé par le jeu outré d'Elmer Bäck, au service d'une vision baroque et extravagante.