MISE À JOUR

La sortie du film a été reporté à une date indéfinie. Voici le communiqué du distributeur:

"C'est avec une énorme tristesse que je dois vous annoncer que nous ne sortirons plus DRUNK le 28 octobre. Je sais que cette décision est prise à la dernière minute et in extremis, mais vu la décision du gouvernement flamand de fermer les cinémas, nous n'avons pas d'autre option d'annuler la sortie du film demain."

Au coeur de Drunk, le nouveau film de Thomas Vinterberg (La Chasse), on trouve quatre hommes, amis de longue date et professeurs dans un même lycée danois, guettés à des titres divers par le spectre d'une existence morne et routinière -sensible déjà chez Martin (Mads Mikkelsen), un quinqua passablement éteint sur qui la vie semble glisser comme l'eau sur les plumes d'un canard. Moment où, à la faveur d'une soirée d'anniversaire bien arrosée, l'un d'eux fait état de la théorie audacieuse du psychiatre norvégien Finn Skårderud, voulant que l'homme soit né avec un déficit d'alcool dans le sang. Et qu'en veillant à résorber ce manque pour vivre en permanence avec 0.5 g, l'individu réaliserait tout son potentiel. Il n'en faut guère plus pour convaincre le quatuor de se prêter à une expérience scientifique consistant à s'imbiber consciencieusement dès potron-minet afin d'atteindre le taux d'alcoolémie requis, avant de consigner méthodiquement ses observations. Mais si les résultats s'avèrent dans un premier temps plus que concluants, des effets indésirables commencent à se manifester avec l'augmentation du niveau de consommation...

Drunk doit son incontestable réussite au fait que Thomas Vinterberg ne verse ni dans l'apologie facile de l'alcool -ce qui ne l'empêche pas d'en souligner les vertus qu'appréciaient aussi bien Hemingway que Churchill-, ni dans le récit lourdement moralisateur. S'il s'autorise, transgressif, à tanguer avec ses personnages, le film se fixe sur une ligne médiane séduisante, la boisson faisant ici office de révélateur d'une angoisse profonde mais aussi de la possibilité de revivre. Un postulat stimulant auquel Mads Mikkelsen et ses comparses, tous impeccables, donnent des couleurs contrastées. Et que la mise en scène de Vinterberg, libérant joliment les émotions, porte vers un final enivrant, réaffirmant le sens de la communauté en quelque irrésistible ode à la vie. Euphorisant.

Drame de Thomas Vinterberg. Avec Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Magnus Millang. 1h55. sortie: 28/10. ****

>> Lire aussi notre interview de Mads Mikkelsen

Au coeur de Drunk, le nouveau film de Thomas Vinterberg (La Chasse), on trouve quatre hommes, amis de longue date et professeurs dans un même lycée danois, guettés à des titres divers par le spectre d'une existence morne et routinière -sensible déjà chez Martin (Mads Mikkelsen), un quinqua passablement éteint sur qui la vie semble glisser comme l'eau sur les plumes d'un canard. Moment où, à la faveur d'une soirée d'anniversaire bien arrosée, l'un d'eux fait état de la théorie audacieuse du psychiatre norvégien Finn Skårderud, voulant que l'homme soit né avec un déficit d'alcool dans le sang. Et qu'en veillant à résorber ce manque pour vivre en permanence avec 0.5 g, l'individu réaliserait tout son potentiel. Il n'en faut guère plus pour convaincre le quatuor de se prêter à une expérience scientifique consistant à s'imbiber consciencieusement dès potron-minet afin d'atteindre le taux d'alcoolémie requis, avant de consigner méthodiquement ses observations. Mais si les résultats s'avèrent dans un premier temps plus que concluants, des effets indésirables commencent à se manifester avec l'augmentation du niveau de consommation... Drunk doit son incontestable réussite au fait que Thomas Vinterberg ne verse ni dans l'apologie facile de l'alcool -ce qui ne l'empêche pas d'en souligner les vertus qu'appréciaient aussi bien Hemingway que Churchill-, ni dans le récit lourdement moralisateur. S'il s'autorise, transgressif, à tanguer avec ses personnages, le film se fixe sur une ligne médiane séduisante, la boisson faisant ici office de révélateur d'une angoisse profonde mais aussi de la possibilité de revivre. Un postulat stimulant auquel Mads Mikkelsen et ses comparses, tous impeccables, donnent des couleurs contrastées. Et que la mise en scène de Vinterberg, libérant joliment les émotions, porte vers un final enivrant, réaffirmant le sens de la communauté en quelque irrésistible ode à la vie. Euphorisant.