Les calembours ne font pas peur à Cédric Klapisch. Celui qui a nommé sa société de production Ce Qui Me Meut récidive en appelant son nouveau film Deux moi. Le réalisateur français du Péril jeune, Un air de famille et L'Auberge espagnole nous offre sous ce titre en forme de jeu de mots une de ces comédies douces-amères dont il a le secret. Nous y suivons...

Les calembours ne font pas peur à Cédric Klapisch. Celui qui a nommé sa société de production Ce Qui Me Meut récidive en appelant son nouveau film Deux moi. Le réalisateur français du Péril jeune, Un air de famille et L'Auberge espagnole nous offre sous ce titre en forme de jeu de mots une de ces comédies douces-amères dont il a le secret. Nous y suivons Rémy (François Civil) et Mélanie (Ana Girardot), 30 ans et voisins d'immeubles. Ces deux-là ne se connaissent pas encore, mais on les devine promis à quelque belle rencontre... Klapisch s'emploie d'abord à les suivre longuement dans leurs vies respectives de solitaires urbains en quête d'amour, de lien, d'aventure. Revisitant avec bonheur un Paris qu'il n'a jamais cessé de regarder sous des angles différents, le cinéaste réaffirme son art du comique tendre et décalé, son style réaliste-poétique, son humanisme jamais découragé. Civil et Girardot s'inscrivent à merveille dans cette veine joyeusement triste qu'affectionne Klapisch, où la joie enfantine s'habille de mélancolie. Certains reprocheront sans doute au réalisateur sa persistance dans un optimisme qu'aucune âpreté, aucun cynisme, aucune révolte ne semblent pouvoir atteindre. Mais Deux moi touche juste et bien, assume son caractère un tantinet suranné, propose un cocktail de rires et d'émotions qui le rend attachant. Klapisch s'y amuse (et nous amuse) avec quelques clins d'oeil, dont un notamment fait écho à son joli film choral de 1996 Chacun cherche son chat. À bientôt 58 ans, on ne changera plus un cinéaste qui ne cesse de professer, avec une modestie des plus appréciables, la possibilité d'un bonheur d'autant plus précieux qu'il est toujours fragile.