Les (nombreux) amateurs d'histoires de zombies ne sauraient manquer ce film sud-coréen mené -littéralement- à un train d'enfer. L'intrigue n'a rien d'original, qui voit un accident industriel libérer dans la nature un virus frappant humains et animaux, en faisant des premiers des créatures affamées, attaquant leurs semblables avec férocité. L'intérêt du film de Sang-Ho Yeon (38 ans, et venu de l'animation) réside dans le brio avec lequel il transforme une situation simple en spectacle inventif, haletant. Un train est donc parti vers la ville de Busan, depuis la région où le virus a commencé son irrésistible progression. Manque de chance, une jeune passagère déjà contaminée a pu y monter, juste avant la fermeture des portes... La contagion qui gagne, wagon par wagon, captive par la tension constante de la réalisation, le rythme peu banal du montage, et quelques idées percutantes au coeur du huis clos mais aussi lors d'échappées que nous nous garderons bien de dévoiler ici. Les conflits vécus par les personnages ne se limitant pas à leurs affrontements, mais s'invitant aussi dans leurs problèmes intimes, comme pour ce père négligent, peut-être "mouillé" car travaillant dans l'entreprise où la fuite s'est produite, et qui conduit sa fille à Busan où vit son ex-épouse...

Viscéral

Elément clé, bien sûr, les zombies du film de Sang-Ho Yeon manifestent une agressivité, une voracité très impressionnantes. Ils n'ont pas cette lenteur traditionnelle que trimballent la plupart de leurs prédécesseurs, des grands ancêtres apparus en 1943 dans le fascinant I Walked with a Zombie de Jacques Tourneur aux rôdeurs de l'actuelle série télévisée à succès The Walking Dead en passant par ceux des films de George A. Romero (l'imputrescible Night of the Living Dead et le formidable Zombie - Dawn of the Dead). Ils sont très vifs, pour des morts-vivants, comme le sont ceux de 28 Days Later (2002) et de ses suites. Ils ajoutent à cette dangereuse rapidité d'action une capacité à opérer en groupe compact (en agglomérats terrifiants) et une propension à le faire dans les positions les plus abracadabrantes (on a dû certainement engager des contorsionnistes...). Seule l'obscurité les neutralise un instant. Pratique, quand il y a des tunnels sur la voie de chemin de fer menant vers le salut espéré! Les effets spéciaux digitaux, certes présents et bien faits, n'occupent pas l'essentiel de l'attention. Ils sont outils, et pas vedettes, d'une approche d'autant plus efficace qu'elle se veut (même sans débordement de sang) absolument viscérale... Le cinéma de genre made in Korea est décidément passionnant. Sans atteindre les sommets fréquentés par Bong Joon-Ho (The Host, Snowpiercer), Dernier train pour Busan en est la nouvelle preuve excitante! Le festival de Cannes ne s'y est pas trompé, qui a offert au film une place en sélection officielle, hors-compétition, pour une mémorable séance de minuit.

DE SANG-HO YEON. AVEC GONG YOO, KIM SOO-AHN, DONG-SEOK MA. 1 H 58. SORTIE: 02/11. ****

Les (nombreux) amateurs d'histoires de zombies ne sauraient manquer ce film sud-coréen mené -littéralement- à un train d'enfer. L'intrigue n'a rien d'original, qui voit un accident industriel libérer dans la nature un virus frappant humains et animaux, en faisant des premiers des créatures affamées, attaquant leurs semblables avec férocité. L'intérêt du film de Sang-Ho Yeon (38 ans, et venu de l'animation) réside dans le brio avec lequel il transforme une situation simple en spectacle inventif, haletant. Un train est donc parti vers la ville de Busan, depuis la région où le virus a commencé son irrésistible progression. Manque de chance, une jeune passagère déjà contaminée a pu y monter, juste avant la fermeture des portes... La contagion qui gagne, wagon par wagon, captive par la tension constante de la réalisation, le rythme peu banal du montage, et quelques idées percutantes au coeur du huis clos mais aussi lors d'échappées que nous nous garderons bien de dévoiler ici. Les conflits vécus par les personnages ne se limitant pas à leurs affrontements, mais s'invitant aussi dans leurs problèmes intimes, comme pour ce père négligent, peut-être "mouillé" car travaillant dans l'entreprise où la fuite s'est produite, et qui conduit sa fille à Busan où vit son ex-épouse... Elément clé, bien sûr, les zombies du film de Sang-Ho Yeon manifestent une agressivité, une voracité très impressionnantes. Ils n'ont pas cette lenteur traditionnelle que trimballent la plupart de leurs prédécesseurs, des grands ancêtres apparus en 1943 dans le fascinant I Walked with a Zombie de Jacques Tourneur aux rôdeurs de l'actuelle série télévisée à succès The Walking Dead en passant par ceux des films de George A. Romero (l'imputrescible Night of the Living Dead et le formidable Zombie - Dawn of the Dead). Ils sont très vifs, pour des morts-vivants, comme le sont ceux de 28 Days Later (2002) et de ses suites. Ils ajoutent à cette dangereuse rapidité d'action une capacité à opérer en groupe compact (en agglomérats terrifiants) et une propension à le faire dans les positions les plus abracadabrantes (on a dû certainement engager des contorsionnistes...). Seule l'obscurité les neutralise un instant. Pratique, quand il y a des tunnels sur la voie de chemin de fer menant vers le salut espéré! Les effets spéciaux digitaux, certes présents et bien faits, n'occupent pas l'essentiel de l'attention. Ils sont outils, et pas vedettes, d'une approche d'autant plus efficace qu'elle se veut (même sans débordement de sang) absolument viscérale... Le cinéma de genre made in Korea est décidément passionnant. Sans atteindre les sommets fréquentés par Bong Joon-Ho (The Host, Snowpiercer), Dernier train pour Busan en est la nouvelle preuve excitante! Le festival de Cannes ne s'y est pas trompé, qui a offert au film une place en sélection officielle, hors-compétition, pour une mémorable séance de minuit.