S'ouvrant en 1793 dans un château en Bohême, alors que le séducteur vieillissant converse avec une jeune femme, le film opère un retour 30 ans en arrière, lorsque Casanova (Vincent Lindon, pour sa cinquième collaboration avec le réalisateur) débarque à Londres, cadre propice aux aventures galantes où il rencontre la Ch...

S'ouvrant en 1793 dans un château en Bohême, alors que le séducteur vieillissant converse avec une jeune femme, le film opère un retour 30 ans en arrière, lorsque Casanova (Vincent Lindon, pour sa cinquième collaboration avec le réalisateur) débarque à Londres, cadre propice aux aventures galantes où il rencontre la Charpillon (Stacey Martin), une courtisane dans la fleur de l'âge. Et de la poursuivre de ses assiduités pour mieux la voir se dérober à ses avances, elle qui attend de lui "qu'il l'aime autant qu'il la désire", point de départ d'un jeu de séduction glissant bientôt sur le terrain des liaisons dangereuses, l'affaire laissant en définitive un parfum d'inachevé sinon d'amertume... Une atmosphère funèbre pour ainsi dire préside à Dernier amour, sentiment auquel n'est pas étrangère la remarquable photographie de Christophe Beaucarne, plongeant les protagonistes, et le spectateur à leur suite, dans un univers d'ombres et de demi-teintes. S'il y a là incontestablement une oeuvre d'esthète, le film apparaît toutefois étrangement figé dans son superbe écrin, questionnant les conséquences de l'amour et de la passion à distance désincarnée. Et instruisant un rapport paradoxal au temps, semblant devoir tout à la fois fuir inexorablement avec la charge de mélancolie que cela suppose mais aussi s'appesantir au-delà du raisonnable, le rythme paraissant avoir pris la tangente au mépris d'un quelconque vertige. Si bien que le film laisse sur un sentiment voisin de la frustration...