La colère de Jada Pinkett Smith contre l'absence d'acteurs afro-américains sélectionnés aux Oscars aurait-elle été avivée, voire déclenchée, par la non-nomination de son Will de mari pour son rôle dans Concussion? On peut l'imaginer, tant le film est bâti comme un véhicule propre à mener tout droit son interprète principal vers la cérémonie des Academy Awards. Un personnage réel, portant tout le film sur ses épaules admirables, doté d'une intelligence au-dessus de la moyenne et d'une rare détermination, s'opposant au pouvoir de l'argent, affichant sa foi religieuse et illustrant le rêve américain de l'immigré capable d'incarner les valeurs dans lesquelles se projettent les Etats-Unis. Et qui s'appelle Omalu, avec des racines africaines. Comme un certain homme politique au nom commençant par la même lettre et devenu président. Tout conspirait à garantir à Will Smith une place parmi les prétendants à la statuette.

Ondes de choc

Nous sommes dans les années 2000 à Pittsburgh, ville folle de football américain, dont l'équipe est la fierté dans un paysage industriel largement sinistré. Une ancienne star des Steelers meurt à l'aube de la cinquantaine, et le docteur Omalu fait son autopsie. Le praticien découvrira les ravages opérés dans le cerveau de l'ex-sportif par les milliers de chocs portés à sa tête durant sa carrière. Il publiera sa découverte de l'encéphalopathie traumatique chronique, et s'attirera les foudres de la toute-puissante NFL (National Football League) en alarmant public et médias sur le risque couru par les pratiquants du sport américain number one... Un combat inégal, mais dans lequel il portera, lui l'étranger, les vertus du "good American" tel qu'Hollywood aime à le célébrer. Will Smith réussit plutôt sa composition d'immigré mis à l'épreuve dans sa conviction d'habiter le pays où tout est possible à qui le veut vraiment. Mais sa performance souffre du manque de tension et de rythme, de l'abondance de clichés et de la lourdeur démonstrative d'un film au scénario prévisible et à la réalisation plutôt paresseuse. Tout dans Concussion repose sur sa star, malgré la prestation remarquable d'Albert Brooks en chef bienveillant d'Omalu. Et si Will Smith fait le job, il ne brille pas non plus. Son absence dans les nominations aux Oscars est donc absolument logique, quoi qu'on puisse par ailleurs penser du débat sur la question de la mauvaise représentation des minorités à la cérémonie(1).

(1) VOIR NOTRE ARTICLE SUR LES OSCARS DANS LE FOCUS DU 4 MARS.

DE PETER LANDESMAN. AVEC WILL SMITH, ALEC BALDWIN, GUGU MBATHA-RAW. 2H03. SORTIE: 09/03.

La colère de Jada Pinkett Smith contre l'absence d'acteurs afro-américains sélectionnés aux Oscars aurait-elle été avivée, voire déclenchée, par la non-nomination de son Will de mari pour son rôle dans Concussion? On peut l'imaginer, tant le film est bâti comme un véhicule propre à mener tout droit son interprète principal vers la cérémonie des Academy Awards. Un personnage réel, portant tout le film sur ses épaules admirables, doté d'une intelligence au-dessus de la moyenne et d'une rare détermination, s'opposant au pouvoir de l'argent, affichant sa foi religieuse et illustrant le rêve américain de l'immigré capable d'incarner les valeurs dans lesquelles se projettent les Etats-Unis. Et qui s'appelle Omalu, avec des racines africaines. Comme un certain homme politique au nom commençant par la même lettre et devenu président. Tout conspirait à garantir à Will Smith une place parmi les prétendants à la statuette. Nous sommes dans les années 2000 à Pittsburgh, ville folle de football américain, dont l'équipe est la fierté dans un paysage industriel largement sinistré. Une ancienne star des Steelers meurt à l'aube de la cinquantaine, et le docteur Omalu fait son autopsie. Le praticien découvrira les ravages opérés dans le cerveau de l'ex-sportif par les milliers de chocs portés à sa tête durant sa carrière. Il publiera sa découverte de l'encéphalopathie traumatique chronique, et s'attirera les foudres de la toute-puissante NFL (National Football League) en alarmant public et médias sur le risque couru par les pratiquants du sport américain number one... Un combat inégal, mais dans lequel il portera, lui l'étranger, les vertus du "good American" tel qu'Hollywood aime à le célébrer. Will Smith réussit plutôt sa composition d'immigré mis à l'épreuve dans sa conviction d'habiter le pays où tout est possible à qui le veut vraiment. Mais sa performance souffre du manque de tension et de rythme, de l'abondance de clichés et de la lourdeur démonstrative d'un film au scénario prévisible et à la réalisation plutôt paresseuse. Tout dans Concussion repose sur sa star, malgré la prestation remarquable d'Albert Brooks en chef bienveillant d'Omalu. Et si Will Smith fait le job, il ne brille pas non plus. Son absence dans les nominations aux Oscars est donc absolument logique, quoi qu'on puisse par ailleurs penser du débat sur la question de la mauvaise représentation des minorités à la cérémonie(1). (1) VOIR NOTRE ARTICLE SUR LES OSCARS DANS LE FOCUS DU 4 MARS.