Les années 2010 auront constitué un tournant dans l'Histoire des studios Disney qui, à la suite du triomphe d'Alice au pays des merveilles, entreprenaient une vaste opération de recyclage en prises de vue réelles de leurs classiques animés. Dernier exemple en date, Cruella, une préquelle aux 101 Dalmatiens; et un film qui se concentre sur la méchan...

Les années 2010 auront constitué un tournant dans l'Histoire des studios Disney qui, à la suite du triomphe d'Alice au pays des merveilles, entreprenaient une vaste opération de recyclage en prises de vue réelles de leurs classiques animés. Dernier exemple en date, Cruella, une préquelle aux 101 Dalmatiens; et un film qui se concentre sur la méchante de l'histoire, Cruella de Vil, dont il remonte aux origines. Direction le Londres des années 70 où, en attendant d'imposer ses talents de styliste, Estella (Emma Stone), une ado orpheline traumatisée par la mort brutale de sa mère, zone avec deux vauriens, Jasper et Horace. Moment où ses créations sont remarquées par la baronne von Hellman (Emma Thompson), personnalité hautaine et snob régnant sur le monde de la mode, qui l'engage comme assistante. Un statut dont la jeune fille tire son parti, jusqu'au jour où le passé s'immisce dans leur relation, réveillant la Cruella qui sommeillait en elle. Sans rompre radicalement avec les canons narratifs Disney, Cruella leur imprime un lifting ébouriffant. Il plane sur ce film un revigorant parfum punk, tant par son esthétique que par son énergie, dont le I Wanna Be Your Dog, de Iggy Pop, bande-son d'un passage clé du récit, apparaît comme l'expression musicale idoine. Remarqué en 2017 pour I, Tonya, Craig Gillespie trouve une nouvelle héroïne bord-cadre, à qui il confère l'étoffe et l'ambiguïté d'un personnage hors norme. Emma Stone s'en délecte, Emma Thompson ne lui rendant guère en gourmandise dans le registre du raffinement cruel. Leur affrontement est, comme il se doit, d'enfer.