Marchant sur les traces de Jia Zhangke, les documentaristes belges Hugo Brilmaker et Thomas Licata s'emploient, dans China Dream, à prendre la mesure des mutations de la Chine, suite à la politique d'infrastructures et de modernisation mise en oeuvre dans le cadre du "rêve chinois" du président Xi Jinping. Direction Datong, dans la provi...

Marchant sur les traces de Jia Zhangke, les documentaristes belges Hugo Brilmaker et Thomas Licata s'emploient, dans China Dream, à prendre la mesure des mutations de la Chine, suite à la politique d'infrastructures et de modernisation mise en oeuvre dans le cadre du "rêve chinois" du président Xi Jinping. Direction Datong, dans la province du Shanxi, à 300 kilomètres de Pékin, une ville connue pour sa production de charbon, en proie à des transformations urbanistiques profondes. C'est cette mue qu'observe la caméra, opposant les boutiques abandonnées de la ville ancienne devenue champ de ruines aux forêts d'immeubles à appartements sorties de nulle part, de faux édifices historiques érigés à l'attention des touristes -dont une imposante muraille certifiée en béton sous l'apparence de la pierre- semblant faire la jonction entre les deux mondes. Un environnement changeant et une réalité kafkaïenne par endroits, dont les cinéastes questionnent également l'impact sur une poignée d'habitants. Et cela, qu'ils s'accrochent malgré les pressions à leur antique maison menaçant de s'effondrer dans le centre historique, à l'image d'un médecin d'un âge respectable à l'esprit enjoué. Ou qu'ils incarnent, à l'instar d'un jeune étudiant au quotidien harassant, le visage de la Chine de demain, tendue, comme le rappellent les extraits de discours officiels émaillant le récit, vers sa "grande renaissance" . Pas l'élément le moins troublant d'un film à l'esthétique soignée, s'aventurant encore dans une cité-témoin du futur, pour offrir du modèle de société chinois une vision aussi passionnante qu'interpellante.