Les vacances, voilà des semaines qu'Antoinette (Laure Calamy), une institutrice, s'en fait une fête à la perspective de les passer avec Vladimir (Benjamin Lavernhe), son amant et accessoirement le père de l'une de ses élèves. Jusqu'à la veille du départ, quand il lui annonce à brûle-pourpoint annuler leur escapade amoureuse pour aller ...

Les vacances, voilà des semaines qu'Antoinette (Laure Calamy), une institutrice, s'en fait une fête à la perspective de les passer avec Vladimir (Benjamin Lavernhe), son amant et accessoirement le père de l'une de ses élèves. Jusqu'à la veille du départ, quand il lui annonce à brûle-pourpoint annuler leur escapade amoureuse pour aller marcher une semaine dans les Cévennes avec sa femme Éléonore (Olivia Côte) et leur fille. Sur quoi la jeune femme, dans une impulsion soudaine, décide de partir sur leurs traces. Et de rejoindre un groupe de randonneurs qui, non contents de gentiment la prendre de haut, vont la laisser se dépatouiller avec Patrick, un âne récalcitrant n'en pensant pas moins, qui lui tiendra lieu de compagnon de voyage... Si l'ouverture d'Antoinette dans les Cévennes s'inscrit dans la tradition du vaudeville, le second long métrage de Caroline Vignal (20 ans après Les Autres Filles) s'écarte bientôt de ce schéma convenu pour emprunter des voies de traverse, où il s'égaye en toute liberté -on pense, par endroits, au cinéma des frères Larrieu. Soit, se déployant à l'ombre bienveillante du Voyage avec un âne dans les Cévennes, de Robert-Louis Stevenson, un récit initiatique savoureux doublé du portrait sensible d'une femme à la croisée des chemins dans sa poursuite du bonheur. Le tout, aussi finement observé que généreux en moments cocasses. Et porté par une épatante Laure Calamy, irrésistible Antoinette que ce buddy movie insolite laissera transformée, le spectateur, pour sa part, ne boudant pas son plaisir. La bonne surprise de cette rentrée.