Colin Firth et Stanley Tucci sont des amis de 20 ans. Les deux comédiens s'étaient rencontrés en 2001 sur le tournage de Conspiracy, un film sur la conférence de Wannsee produit par HBO, et sont restés proches depuis, malgré l'océan les séparant. Une proximité dont Harry Macqueen a su tirer le meilleur parti dans Supernova, un drame intimiste où ils campent avec une justesse jamais prise en défaut un couple au long cours rattrapé par la maladie. Et une connivence qui se traduit encore lors d'une conversation par Zoom où ils répondent de concert aux questions de quelques journalistes.
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Colin Firth et Stanley Tucci sont des amis de 20 ans. Les deux comédiens s'étaient rencontrés en 2001 sur le tournage de Conspiracy, un film sur la conférence de Wannsee produit par HBO, et sont restés proches depuis, malgré l'océan les séparant. Une proximité dont Harry Macqueen a su tirer le meilleur parti dans Supernova, un drame intimiste où ils campent avec une justesse jamais prise en défaut un couple au long cours rattrapé par la maladie. Et une connivence qui se traduit encore lors d'une conversation par Zoom où ils répondent de concert aux questions de quelques journalistes."Quand j'ai lu le scénario, je l'ai trouvé magnifique, commence Stanley Tucci. J'ai alors visionné Hinterland , le premier film de Harry, que j'ai beaucoup aimé. Colin et moi voulions depuis longtemps retravailler ensemble. Je me suis dit qu'il serait parfait pour jouer l'autre rôle, et je lui ai transmis le scénario sans que Harry soit au courant. Il l'a lu, l'a apprécié, nous nous sommes tous rencontrés et ça a fonctionné." "Les rôles étaient inversés au départ, poursuit Colin Firth. Mais rapidement, nous sommes tombés d'accord sur le fait que Stanley joue Tusker et moi Sam." Une évidence à la découverte du film, où Firth tente de protéger de lui-même son compagnon atteint de démence, alors qu'ils entament un road-trip dans la campagne anglaise, non sans respecter sa volonté de partir dignement. Et le film de charrier des sentiments et des émotions intenses, sans forcer le trait cependant. "J'ai trouvé l'écriture très subtile, reprend Stanley Tucci. C'est une relation entre deux hommes ne se concentrant pas sur leur homosexualité, mais sur leur amour, ce qui la rend incroyablement touchante, émouvante et universelle. Quand on va devoir jouer des choses intimes émotionnellement et physiquement, savoir qu'on va le faire avec quelqu'un qui se trouve être l'un de vos meilleurs amis est extrêmement rassurant. On se fait confiance, et le fait d'avoir vécu beaucoup de choses ensemble rend les choses plus faciles et enrichit le film en fin de compte." "Je pense que, même si nous ne nous étions rencontrés que la veille, notre imagination et nos capacités nous auraient permis de rendre cette relation sur le long terme crédible, complète Firth. Le fait d'avoir traversé des moments difficiles mais aussi d'avoir partagé quantité de rires ensemble a fait que nous n'avons jamais dû forcer pour donner l'impression de nous connaître depuis longtemps. Beaucoup d'éléments sont venus simplement, avec facilité et naturel. Peut-être que sinon, nous aurions eu tendance à appuyer davantage certaines choses." Ce naturel n'est bien sûr pas étranger à la réussite d'un film qui aborde son sujet sensible avec une rigueur et une précision nourries notamment des recherches du réalisateur et des deux comédiens sur la démence. "Lire ces témoignages et regarder ces documentaires était douloureux, mais d'une valeur inestimable", souligne pudiquement Tucci. La retenue présidant aussi bien à la mise en scène d'Harry Macqueen qu'à l'interprétation des deux acteurs fait le reste, comme pour mieux permettre à l'histoire d'infuser en profondeur. "Il y a plusieurs façons d'appréhender les choses de la vie en tant que comédien, observe Firth. On peut les amplifier ou les rendre plus subtiles, et ces différentes options tiennent la route. On peut atteindre une vérité émotionnelle profonde avec un grand opéra comme dans un film muet, il n'y a pas une convention qui soit plus valable qu'une autre. Mais dans le cas présent, il s'agissait d'observer des émotions intenses dans ce qui s'apparente à des circonstances quotidiennes, où tout tient à de petits moments pendant lesquels des choses se produisent ou sont partagées. Ce film observe la manière dont ces individus concilient des émotions profondes et des problèmes immenses avec leur amour. Je trouve très vrai que des choses importantes puissent se produire simplement en faisant la route ensemble, et en se chamaillant sur le GPS ou sur le fait que la climatisation soit ou non branchée. On ne parle pas de choses essentielles à tout moment, la vie continue, on met la bouilloire sur le feu, ou on va chercher le lait, mais ces questions demeurent présentes. La cohabitation de ces banalités avec de grands problèmes émotionnels contribue au sentiment de réalité et à la possibilité d'identification émanant du film." Une émotion et un trouble subtils à la clé...