Cinéaste hyperactif et en constante réinvention, capable d'une froideur transgressive quasiment clinique (Ma mère en 2004) comme d'un sentimentalisme confinant au lyrisme (Dans Paris en 2006), de mille-feuilles en-chantés à la fibre éminemment romanesque (Les Chansons d'amour en 2007, Les Bien-aimés en 2011) comme de variations mythologiques très libres (Métamorphoses en 2014), d'oeuvres contemporaines creusant une matière intime (Non ma fille tu n'iras pas danser en 2009) comme d'adaptations costumées empreintes d'une artificialité assumée (Les Malheurs de Sophie en 2016), Christophe Honoré a souvent donné le sentiment de faire chacun de ses films en réaction au précédent. Un an à peine après Plaire, aimer et courir vite, mélodrame incandescent en forme d'autoportrait hanté par les spectres conjugués du sida et de la mort, le voici donc qui nous revient avec une comédie légère et ludique, mais jamais inconséquente, qui explore les possibles amoureux en embrassant la perspective d'une femme arrivée à un tournant de son existence.
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