Caméra d'or au festival de Cannes avec Suzaku, en 1997, avant d'y obtenir le Grand Prix dix ans plus tard pour La forêt de Mogari, Naomi Kawase restait sur un Hanezu plutôt décevant. Un simple accident de parcours, à en juger par Still the Water, seul film asiatique ayant eu les honneurs de la compétition, et une oeuvre qui a discrètement ébloui la Croisette. La cinéaste japonaise y plante sa caméra sur l'île d'Amami, le cadre d'un récit d'apprentissage mettant en scène deux adolescents, Kaito, un garçon de 16 ans, et Kyoko, son amie.

A leur suite, Naomi Kawase signe un récit ancré dans le quotidien qu'elle inscrit également dans une perspective spirituelle. La découverte d'un cadavre rejeté par la mer, suivie de l'annonce de la mort prochaine de la mère de la jeune fille vont, en effet, avoir le don de brouiller l'horizon du duo, qui va insensiblement prendre conscience du monde qui l'entoure. Et le film de s'ouvrir en une délicate méditation sur la vie et la mort, assortie d'une réflexion sur la mémoire et la transmission, et d'une autre sur le rapport entre l'homme et la mère-nature. S'il y a là quelques longueurs - relatives, en particulier, aux rites traditionnels ayant cours sur l'île - l'impression d'ensemble n'en est pas moins à une harmonie féconde et à une souveraine sérénité, pour un film rappelant aussi bien le Tabu de Murnau que le Still Walking, de Kore-eda. Rendez-vous est donc pris pour le palmarès...

Caméra d'or au festival de Cannes avec Suzaku, en 1997, avant d'y obtenir le Grand Prix dix ans plus tard pour La forêt de Mogari, Naomi Kawase restait sur un Hanezu plutôt décevant. Un simple accident de parcours, à en juger par Still the Water, seul film asiatique ayant eu les honneurs de la compétition, et une oeuvre qui a discrètement ébloui la Croisette. La cinéaste japonaise y plante sa caméra sur l'île d'Amami, le cadre d'un récit d'apprentissage mettant en scène deux adolescents, Kaito, un garçon de 16 ans, et Kyoko, son amie. A leur suite, Naomi Kawase signe un récit ancré dans le quotidien qu'elle inscrit également dans une perspective spirituelle. La découverte d'un cadavre rejeté par la mer, suivie de l'annonce de la mort prochaine de la mère de la jeune fille vont, en effet, avoir le don de brouiller l'horizon du duo, qui va insensiblement prendre conscience du monde qui l'entoure. Et le film de s'ouvrir en une délicate méditation sur la vie et la mort, assortie d'une réflexion sur la mémoire et la transmission, et d'une autre sur le rapport entre l'homme et la mère-nature. S'il y a là quelques longueurs - relatives, en particulier, aux rites traditionnels ayant cours sur l'île - l'impression d'ensemble n'en est pas moins à une harmonie féconde et à une souveraine sérénité, pour un film rappelant aussi bien le Tabu de Murnau que le Still Walking, de Kore-eda. Rendez-vous est donc pris pour le palmarès...